Hier, lundi 15 juillet, marquait le 37e anniversaire de la levée de la loi martiale à Taïwan. A cette occasion, le Président Lai Ching-te (賴清德) et le Premier ministre Cho Jung-tai (卓榮泰) ont visité le Bureau de la gestion des archives de la Commission nationale de développement. Le Président a exprimé le souhait qu’à l’exception des dossiers liés à la sécurité nationale, aux affaires juridiques et aux droits individuels, les archives politiques soient entièrement ouvertes au public sur la période autoritaire de Taïwan, afin d’éviter que l’histoire ne se répète.
Lai Ching-te a rappelé que les Taïwanais avaient vécu 38 ans sous la loi martiale, l’une des plus longues au monde. A cette époque, entre 1949 et 1987, des millions de personnes ont été calomniées et persécutées, poussant de nombreux Taïwanais à s’exiler à l’étranger pour éviter de mettre leur vie en danger. Il a rappelé l’importance des archives de cette époque, qui permettent aux familles des victimes de rechercher la vérité.
Alors qu’une loi sur les archives politiques a déjà été adoptée en 2019 pour encourager la réconciliation nationale en facilitant l’accès du public aux archives, Lai Ching-te a insisté sur l’importance, pour le Bureau de gestion des archives, de continuer à promouvoir la justice transitionnelle et d’avoir une attitude plus proactive. Il a déclaré :“J’espère aussi que le Bureau des archives aura une autre fonction qui est d'appeler les Taïwanais à s’y rendre autant que possible, afin de comprendre cette période de l’histoire, que la démocratie dont nous jouissons aujourd’hui n’existait pas naturellement, et que Taïwan a vraiment traversé une période sombre de dictature. C’est le sacrifice de dizaines de milliers de personnes qui a permis l'avènement de la démocratie que nous connaissons actuellement.”
Lai Ching-te a précisé qu’il espérait que ceux qui ont soutenu le régime autoritaire par le passé ne tenteraient pas de conduire à nouveau le pays sur cette voie, en retournant vers le passé. Il a aussi dit espérer que les Taïwanais continueront à chérir la démocratie durement gagnée, et à travers leur connaissance de la vérité, feront en sorte d’éviter que l’histoire ne se répète.