Alors que les manœuvres militaires chinoises de tir réel autour de Taïwan “Mission Justice 2025”, lancées sans préavis hier par l’Armée populaire de libération (APL) pour deux jours, l’armée taïwanaise a lancé aujourd’hui 30 décembre des exercices de préparation au combat immédiat. Plus précisément, le 53e groupe du génie militaire a mené ce matin un exercice de blocage à l’embouchure de la rivière Tamsui, au nord de la capitale, Taipei. Cet exercice simulait un scénario de préparation opérationnelle renforcée, permettant le déploiement rapide d’un barrage pour retarder et bloquer une éventuelle opération ennemie par voie fluviale. Cela a également permis de vérifier les capacités de réaction immédiate de l'unité du génie.
Des barrages ont ainsi été mis en place à plusieurs emplacements stratégiques au niveau de l’embouchure de la rivière Tamsui. Cette opération a principalement consisté en un déploiement de fûts de pétrole et de ponts flottants motorisés (PFM), tandis que des vedettes étaient déployées à proximité, permettant de maintenir la communication entre le commandement à terre et le personnel opérant sur l’eau. Les fûts de pétrole ainsi déployés peuvent servir de détonateurs télécommandés pour neutraliser, le cas échéant, une incursion ennemie.
Les militaires ont souligné que la distance entre l'embouchure de la rivière Tamsui et le pont de Guandu n'est que de 8 kilomètres, et environ 22 kilomètres du Palais présidentiel et le centre politique et économique de Taipei. Si la ligne de défense de l’embouchure de la Tamsui n'est pas fermement assurée, cela permettrait à l'armée chinoise de progresser librement le long de la rivière et de s'emparer directement des lieux stratégiques de la capitale, avec des conséquences inimaginables. Ainsi, les exercices annuels Han Kuang incluent systématiquement des manœuvres dans le “triangle de fer” de la défense, c’est-à-dire l’embouchure de la rivière Tamsui, la plage de Bali située à proximité, et le port de Taipei.