Le groupe parlementaire du Parti du peuple taïwanais (TPP) avait soulevé un projet de résolution en juillet dernier visant à réclamer la démission de Joseph Wu (吳釗燮), le secrétaire général du Conseil de la sécurité nationale, en raison des dossiers d’espionnage impliquant son entourage professionnel. La résolution a été adoptée aujourd’hui par le Parlement. Les députés du TPP avaient initié ce projet en dénonçant que sous la gouvernance du DPP (Parti démocrate progressiste) au pouvoir, le bureau présidentiel, le Yuan exécutif ainsi que le parti ont tous été infiltrés par des espions chinois, et que le proche confident de Joseph Wu (ancien ministre des Affaires étrangères) , Ho Jen-chieh (何仁傑), a été inculpé et risque une lourde peine pour avoir divulgué des secrets diplomatiques au PCC. Cela a porté un coup dur à la sécurité nationale et a gravement nui aux intérêts nationaux.
La troisième force politique du Parlement a par ailleurs précisé que Joseph Wu, au poste de secrétaire général du Conseil de sécurité nationale, a volontairement violé l’article 8 de la loi portant sur l’organisation du Conseil de sécurité nationale, qui stipule que ce dernier est placé sous la surveillance de la branche législative. Il a en effet rejeté à plusieurs reprises les invitations de la Commission parlementaire des Affaires judiciaires et juridiques et refusé d’assister aux réunions relatives pour contourner le contrôle parlementaire, portant ainsi atteinte au système constitutionnel de la République de Chine - Taïwan. Sur ces motifs, le groupe parlementaire du TPP a lancé un projet de résolution demandant à Joseph Wu de démissionner pour assumer sa responsabilité politique.
Le Conseil de sécurité nationale a regretté cette résolution parlementaire, invitant les députés à se concentrer sur l’intérêt commun au lieu d’épuiser les ressources politiques dans des mesures de luttes partisanes, d’autant plus dans le contexte des tensions accrues à la suite des récents exercices militaires chinois ayant simulé un blocus de Taïwan.
Par ailleurs, dans une autre motion adoptée également ce vendredi, les députés d’opposition qui dominent l’hémicycle ont blâmé solennellement le Premier ministre Cho Jung-tai (卓榮泰) pour plusieurs manquements majeurs relevant de sa fonction, principalement son refus de contresigner l’amendement à la loi sur la répartition des recettes du gouvernement en décembre dernier.