Le député du DPP et co-fondateur de l’Académie Kuma (formation à la protection civile) Puma Shen (沈伯洋) que la Chine a placé en octobre dernier sur la liste des personnes recherchées pour « promotion de l'indépendance de Taïwan », a vu les plans et images satellite de sa résidence et de son lieu de travail dévoilés par des médias d’Etat chinois le 2 janvier sur leurs réseaux sociaux.
Le ministère taïwanais des Affaires étrangères a condamné cette action dès le lendemain, déclarant que la tentative de la Chine de semer la peur et d'intimider la société démocratique taïwanaise viole les conventions internationales, constitue une atteinte grave à la vie privée et témoigne d'un manque total de moralité. La Diplomatie taïwanaise a une nouvelle fois solennellement réaffirmé que la République de Chine (Taïwan) et la République populaire de Chine (RPC) ne sont pas subordonnées l'une à l'autre et que la Chine n'a aucune juridiction sur le peuple taïwanais.
Par ailleurs, hier 5 janvier, le groupe parlementaire du DPP a déclaré que les agissements du Parti communiste chinois s'apparentaient à des actes typiques d'un gangster. Ils ont appelé les partis d’opposition KMT et TPP à défendre la liberté des parlementaires d'exercer leurs droits politiques et à soutenir une motion de condamnation transpartisane.
Lors d’une conférence de presse tenue par plusieurs députés du DPP, Puma Shen a déclaré n'avoir aucune crainte et espérer que le public prenne cette affaire au sérieux, car si le gouvernement chinois peut intimider arbitrairement des parlementaires taïwanais, il pourra intimider des citoyens ordinaires à l'avenir.
La députée Chen Pei-yu (陳培瑜) a rappelé, lors de cette conférence de presse, que le groupe parlementaire du DPP avait déposé trois motions de condamnation concernant la coercition et le harcèlement de Taïwan par la Chine, notamment les exercices militaires chinois à proximité de Taïwan, condamnant l'intimidation de Puma Shen par la Chine et condamnant la déformation par Pékin de la résolution 2758 de l'ONU. Cependant, ni le KMT ni le TPP n'ont soutenu ces motions.
Une autre députée du DPP, Lin Yi-chin (林宜瑾), a proposé d’amender la loi qui régit les relations interdétroit, afin de supprimer des expressions telles que « avant la réunification nationale » et « régions ». Une proposition que la présidente du KMT Cheng Li-wun (鄭麗文), a balayé d’un revers de main, estimant qu’elle ne respectait pas la Constitution de la République de Chine (Taïwan) et ainsi procéderait à l’indépendance de jure de Taïwan.