Le Président sud-coréen Lee Jae-myung a effectué la semaine dernière une visite en Chine, sur laquelle est revenu le ministre taïwanais des Affaires étrangères, Lin Chia-lung (林佳龍), en écho à ses répercussions au niveau régional.
Concernant la principale préoccupation de Taïwan, à savoir si la Corée du Sud pourrait constituer une éventuelle faille dans la première chaîne d'îles, Lin Chia-lung, a déclaré lors d'une interview que Lee Jae-myung est relativement pro-chinois, mais que lors de la visite du Président américain Donald Trump à Séoul en octobre dernier, Lee Jae-myung avait exprimé publiquement son inquiétude quant à la paix et à la stabilité dans le détroit de Taïwan.
Lin Chia-lung a souligné que les discussions lors de la visite de Lee Jae-myung en Chine ont porté principalement sur le commerce et l'économie : « Bien qu’il (Lee Jae-myung) ait évoqué le soi-disant « respect de la Chine unique » dans une interview avec la télévision centrale chinoise (CCTV) avant son voyage, il n’a pas mentionné Taïwan. Par la suite, aucune déclaration conjointe n'a été conclue avec la Chine, et le communiqué de presse ne faisait mention ni de la « Chine unique » ni de l'« opposition à l'indépendance de Taïwan. Cela signifie donc que la motivation de Lee Jae-myung était d'obtenir des avantages commerciaux de la Chine. »
Lin Chia-lung a également souligné que les Etats-Unis ont autorisé la Corée du Sud à construire des sous-marins nucléaires et exigent que l'industrie navale sud-coréenne coopère avec les États-Unis. De ce point de vue, l’attitude relativement pro-chinoise de Lee Jae-myung est un positionnement personnel, qui ne modifie pas fondamentalement la situation diplomatique, a précisé le ministre.
Quant aux relations entre la Corée du Sud et Taïwan, Lin Chia-lung a estimé que la diplomatie privilégie la « réciprocité ». Par conséquent, concernant l'utilisation inappropriée de la dénomination Chine (Taïwan) sur les cartes d'arrivée électroniques sud-coréennes, Taïwan continue d'observer la situation, et le ministère des Affaires étrangères a d’ores et déjà préparé d’éventuelles mesures de rétorsion.