Le quotidien britannique The Guardian a révélé aujourd’hui que, selon plusieurs sources diplomatiques, la Chine aurait fait pression sur certains pays européens, afin qu’ils interdisent l’entrée sur leur territoire aux personnalités politiques taïwanaises. Les autorités chinoises, par l’intermédiaire des ambassades, auraient ainsi adressé des requêtes écrites ou orales en novembre et décembre 2025, mettant en garde contre le fait de “franchir les lignes rouges de la Chine”.
Selon une note consultée par The Guardian, la Chine affirme « respecter la souveraineté européenne dans l’élaboration et la mise en œuvre des politiques de visas », mais dénonce des « failles systémiques » permettant des visites fréquentes de dignitaires taïwanais. Les autorités chinoises s’appuient sur le code frontières Schengen, selon lequel l’une des conditions d’entrée pour les ressortissants de pays tiers est qu’ils « ne doivent pas être considérés comme une menace pour les relations internationales d’un État membre ». Or, selon le gouvernement chinois, l’autorisation d’entrée de responsables taïwanais dans les pays européens menacerait les relations internationales de ces pays avec la Chine.
Les autorités chinoises ont également invoqué la Convention de Vienne, et suggéré que les pays européens suivent l'exemple de l'ONU en interdisant l'accès aux bâtiments gouvernementaux à tous les ressortissants Taïwanais.
La note consultée par The Guardian évoquait notamment le discours de la Vice-Présidente Hsiao Bi-khim (蕭美琴) lors du sommet annuel de l'Alliance interparlementaire sur la Chine (IPAC), qui s'est tenu au Parlement européen en novembre dernier et les visites du ministre des Affaires étrangères Lin Chia-lung, considérées par Pékin comme « nuisant gravement aux relations Chine-UE ». A noter que l’ancienne Présidente taïwanaise Tsai Ing-wen (蔡英文) s’est rendue en Europe en 2024 et en 2025.
Les ministères des Affaires étrangères norvégien et finlandais ont confirmé avoir reçu cette « suggestion » de la Chine. Les deux pays ont indiqué que la réglementation des visas pour Taïwan relève des institutions Schengen compétentes.
Le ministère chinois des Affaires étrangères n'a pas répondu à la demande d'information du Guardian. Le ministère taïwanais des Affaires étrangères a de son côté affirmé que les visites de personnalités politiques en Europe étaient totalement indépendantes de la Chine et que cette dernière n'avait aucun droit d'intervenir.