Le vice-président de la Commission ministérielle des affaires continentales (MAC), Liang Wen-chieh (梁文傑), a été interrogé hier par les députés au Yuan législatif, à l’occasion de l’examen d’un projet d’amendement de la loi anti-infiltration. Ce fut l’occasion pour lui de répondre aux critiques du groupe parlementaire du Kuomintang (KMT), qui estime que ces modifications visent à réprimer la liberté d'expression et à contrôler la pensée, instaurant ainsi “une dictature du DPP” (Parti démocrate progressiste actuellement au pouvoir).
Liang Wen-chieh a affirmé que, selon lui, le faible taux de condamnation lié à la loi anti-infiltration ne signifiait pas qu'elle était inefficace. Un acquittement ne signifie pas nécessairement l'innocence du suspect, mais souvent qu'il n'existe aucune preuve permettant d'établir que l'infraction répond aux critères légaux. Compte tenu de l'expertise du Parti communiste chinois (PCC) en matière de dissimulation de ses financements et de son personnel, l'obtention de preuves est difficile. Or, le pouvoir judiciaire taïwanais est tenu de mener les procès conformément à la loi, ce qui nécessite des preuves et qui explique le faible taux de condamnation. La loi sur la sécurité nationale se trouve confrontée à une situation similaire, a-t-il précisé.
Il a ainsi réfuté les accusations du KMT selon lesquelles “vous êtes coupable si le DPP vous déclare coupable”. Liang Wen-chieh a en outre déclaré que, alors que le Parti communiste chinois menace de sanctionner les employés du corps de la justice enquêtant dans le cadre de la loi anti-infiltration et la loi sur la sécurité nationale, tous les partis politiques devraient s’unir pour rendre la loi plus complète et efficace face aux méthodes d'infiltration du PCC.
Il a précisé que plusieurs points pouvaient être améliorés, comme le propose le projet d’amendement gouvernemental. Premièrement, il préconise d’étendre le champ d'application de la loi anti-infiltration aux personnes ayant l'intention de se présenter à une fonction publique, en plus des candidats déjà inscrits. Deuxièmement, les sanctions déjà prévues pourraient être alourdies et pourraient s’étendre au-delà des activités politiques et électorales, en tenant également compte des formes d’infiltration qui consistent à répandre des rumeurs ou à troubler l’ordre public.