Près de 18 000 soldats participent à cet exercice militaire annuel, connu sous le nom de « Balikatan », qui s'ouvre aujourd'hui et comprend pour la première fois des exercices de tir réel en Mer de Chine méridionale, une zone dont Pékin revendique la souveraineté.
Cet exercice américano-philippin fait suite à un exercice militaire chinois de grande envergure du 8 au 10 avril, et qui simulait une attaque et un blocus de Taïwan. Il s’agit du premier exercice militaire conjoint sous la présidence de Ferdinand Marcos Jr., qui souhaite resserrer les liens de Manille avec Washington après que l’ancien Président Rodrigo Duterte ait remis cette alliance en question.
Le général de division Eric Austin, commandant de la 1ère escadre aérienne de la marine américaine, a déclaré aujourd’hui à Manille lors du lancement de ces exercices, que grâce à ces exercices, les forces philippines et américaines renforceront leurs capacités militaires conjointes à travers la coopération, afin de s’assurer qu’elles sont prêtes à travailler ensemble pour relever les défis du monde actuel.
Ces derniers mois, Manille et Washington ont convenu de patrouilles maritimes conjointes en Mer de Chine méridionale et sont parvenus à un accord permettant d’étendre la présence de l'armée américaine aux Philippines, ce qui a suscité la colère de la Chine. En vertu de cet accord, l'armée américaine est autorisée à utiliser quatre bases philippines supplémentaires, dont une base navale située non loin de Taïwan.
La proximité des Philippines avec Taïwan en ferait un partenaire clé pour les États-Unis en cas d'invasion de Taïwan par la Chine.
L’accès des Américains à ces nouvelles bases philippines a fait réagir les autorités chinoises, qui ont accusé les Etats-Unis de mettre en danger la paix et la stabilité régionales. L'ambassadeur de Chine à Manille, Huang Xilian (黃溪連), a déclaré la semaine dernière que « les pays de la région devraient insister sur l'autonomie stratégique et résister résolument à la pensée de la guerre froide et à la confrontation entre des camps ».