Selon une dépêche de ce 26 janvier, les journalistes ukrainiens Taras Andrukhovych et Anna Lvova, basés en Pologne et actuellement en échange à Radio Taïwan international pour deux mois, ont interviewé le vice-ministre de l'Intérieur Ma Shih-yuan (馬士元) vendredi dernier au sujet de la préparation de Taïwan à la guerre.
Ma Shih-yuan a déclaré que les bâtiments de Taïwan, construits pour résister aux séismes, seraient relativement peu vulnérables aux frappes de roquettes ou de missiles. Les incendies et la contamination chimique seraient les principales préoccupations. Le gouvernement taïwanais s'inspire de l'expérience de l'Ukraine pour élaborer des formations sur les mesures à prendre après un bombardement.
Il a déclaré : « La première priorité est de sauver des vies et éteindre les incendies, tout en faisant face aux menaces de contamination CBRN (chimiques, biologiques, radiologiques et nucléaires). Le ministère de l'Intérieur formera donc les pompiers, les ambulanciers et les policiers à la gestion des problèmes environnementaux après un bombardement. Nous manquons d’expérience dans ce domaine, et nous apprenons à partir de l’expérience de l’Ukraine dans de telles situations. »
En ce qui concerne le système de défense civile de Taïwan, le vice-ministre a souligné la formation « Spécialiste en prévention des catastrophes », qui a été suivie par environ 100 000 personnes à la fin 2025, l'objectif pour 2026 étant de doubler ce nombre. En outre, afin de minimiser le nombre de victimes lors de catastrophes, le ministère de l'Intérieur forme et encadre des organisations communautaires et des entreprises à l'échelle nationale afin de mettre en place des équipes d'intervention d'urgence communautaires de Taïwan (T-CERT). En ce qui concerne le service militaire alternatif, Ma Shih-yuan a déclaré qu'il y avait environ 10 000 conscrits en service actif et 260 000 réservistes. Collectivement, ces groupes pourraient former une force civile d'environ 400 000 personnes.
Cependant, Ma Shih-yuan a rappelé que certaines circonstances sont différentes du conflit russo-ukrainien ou à l’international, comme le risque d’attaque amphibie en zone métropolitaine densément peuplée, et Taïwan doit élaborer ses propres contre-stratégies.