Une délégation du KMT, principal parti d’opposition, menée par le vice-président du parti, Hsiao Hsu-tsen (蕭旭岑), est actuellement à Pékin pour un échange de réflexion avec le Parti communiste chinois (PCC) du 2 au 4 février. A l’occasion d’un « Forum prospectif sur les échanges et la coopération entre les deux rives du détroit », Song Tao (宋濤), directeur du Bureau des affaires taïwanaises du Comité central du PCC, a déclaré dans son discours que le respect du “Consensus de 1992” et l’opposition à l’indépendance de Taïwan étaient les fondements de la paix et de la stabilité dans le détroit.
En réponse, Chiu Chui-cheng (邱垂正), président de la Commission ministérielle des affaires continentales (MAC), a déclaré lors d'une interview accordée ce matin : « En résumé, nous avons eu le sentiment que ce dialogue n'était ni amical ni simple, et ressemblait plutôt davantage à une leçon qu'à un échange. » Il a rappelé que les relations interdétroit étaient actuellement tendues en raison des pressions composites chinoises allant du harcèlement aérien et naval chinois, à la répression diplomatique, en passant par la coercition économique, l'infiltration sociale et les ingérences dans la zone grise relevant de la guerre cognitive.
Chiu Chui-cheng a exprimé son regret que le KMT ignore l’hostilité croissante de la Chine. Il a réaffirmé que tout parti politique ou groupe taïwanais se rendant en Chine pour des échanges devait respecter la réglementation en vigueur sur les relations interdétroit, et défendre les principes d’égalité et de dignité, sans condition préalable, afin de préserver la souveraineté, la dignité et les intérêts de la nation.
La MAC a rappelé que depuis 2019, le « principe d’une seule Chine », le « Consensus de 1992 » et le principe « un pays, deux systèmes » constituaient la base de la politique du PCC à l’égard de Taïwan, ne laissant aucune marge de manœuvre à la République de Chine (Taïwan). Or, les sondages de la MAC ont constamment montré que plus de 80 % des Taïwanais ne soutenaient pas la proposition politique « un pays, deux systèmes ». Ainsi, les positions politiques du Kuomintang (KMT) et du PCC sont en totale contradiction avec l’opinion publique majoritaire à Taïwan, souligne la MAC.
La Commission ministérielle des affaires continentales a souligné qu’en outre, les échanges entre les groupes de réflexion du KMT et du PCC ne sauraient remplacer le mécanisme officiel de communication entre les deux rives. Le PCC doit reconnaître objectivement que la République de Chine (Taïwan) et la République populaire de Chine ne sont pas subordonnées l'une à l'autre, cesser d'exercer des pressions sur Taïwan et de recourir à des tactiques de front uni pour diviser la population, et résoudre les différends par le dialogue avec le gouvernement taïwanais qui est légitime car démocratiquement élu. C'est la seule voie possible pour que les relations entre les deux rives du détroit évoluent positivement, a précisé la Commission.
Quand au Parti démocrate progressiste (DPP) actuellement au pouvoir, Wu Chun-chih (吳峻鋕), directeur du département Chine au sein du parti, a estimé que la participation du KMT à un forum avec le PCC était en réalité une opération hautement politisée, préparant le terrain pour une rencontre entre la présidente du KMT Cheng Li-wun (鄭麗文) et le Président chinois Xi Jinping. Selon lui, les objectifs du gouvernement chinois consistent à influencer la société taïwanaise, saper la confiance dans la coopération économique et commerciale entre Taïwan et les États-Unis, et absorber Taïwan économiquement. C’est la raison pour laquelle le DPP prône une diversification des partenariats économiques de Taïwan.