A l’issue du Forum KMT-PCC organisé à Pékin du 2 au 4 février, le Kuomintang, principal parti d’opposition de Taïwan, et le parti communiste chinois ont formulé hier soir quinze « opinions communes » ressorties des échanges et réflexions menées. Ces quinze opinions communes réparties dans cinq grands domaines comprennent, entre autres, la normalisation des échanges entre les personnes des deux rives ou encore les coopérations dans les industries émergentes ou en médecine. En réaction, la commission ministérielle des Affaires continentales (MAC) s’est inquiétée de voir une confusion entre causes et effets, rappelant que les tensions actuelles entre les deux rives venaient de la pression continue et croissance du PCC à l’encontre de Taïwan. La MAC exhorte le KMT à ne pas ignorer la véritable intention chinoise d’annexer Taïwan, sous couvert de ces « opinions communes » présentées comme nouvelle base de possibles échanges entre les deux rives. La MAC estime que par ce dialogue avec l’opposition du KMT, la Chine cherche à contourner le gouvernement au pouvoir et à provoquer des divisions internes au sein de la société taïwanaise, ce qui est inacceptable.
De son côté, la députée DPP Chen Pei-yu (陳培瑜) avertit que ces propositions qui reprennent le vocable du PCC représentent une menace potentielle à moyen et long terme sur l’influence chinoise dans le fonctionnement institutionnel taïwanais :
« Il ne s’agit pour l’heure que d’une entente, mais qui pourrait se transformer en projets de loi portés par le KMT et le TPP, par exemple, sous la forme de blocage budgétaire ou même en manipulant l’opinion publique. C’est cela qui représente le danger le plus grave et le plus effrayant ! Faut-il rappeler que lors de la session parlementaire précédente, tous les présidents de commission du KMT sont allés en Chine avec le député Fu Kun-chi et initier, à leur retour, des projets d’amendement visant à étendre les pouvoirs parlementaires, lesquels ont d’ailleurs déjà été déclarés inconstitutionnels. »
Du point de vue du KMT, les échanges et discussions organisés avec la partie chinoise relèvent de la responsabilité de l’opposition pour aider à résoudre les divergences, contrairement à l’immobilisme du gouvernement DPP au pouvoir sur les relations interdétroit.