La Banque centrale de Taïwan a annoncé le 5 février au soir que les réserves de change venaient d’atteindre un niveau record à la fin du mois de janvier, s’élevant à 604,457 milliards de dollars américains. Cela représente une hausse de plus d’1,9 milliard de dollars par rapport au mois précédent.
Dans le même temps, la valeur totale des avoirs des investisseurs étrangers, qui couvrent aussi les actions, les obligations et les dépôts en dollars taïwanais, se chiffre à 1 297,8 milliards de dollars. Ces avoirs représentent l’équivalent de 215% des réserves de change de Taïwan, là encore à un niveau record. Cette situation montre la forte attractivité du marché boursier taïwanais mais expose les risques de pression sur la devise en cas de vente massive de ces capitaux étrangers.
Le directeur du bureau des changes de la Banque centrale, Tsai Chiung-min (蔡炯民), a reconnu que l’ampleur croissante des flux de capitaux étrangers accroît la volatilité du marché des changes et complique ses opérations de stabilisation. A cela s’ajoute la hausse marquée des prix des actions taïwanaises qui accentue l’impact des flux et mouvements des investisseurs étrangers sur les marchés financiers :
« Bien évidemment, nos défis vont s’accroître dans une certaine mesure. Mais au cours de l’année écoulée, nous avons progressivement renforcé le dialogue avec le marché et avec les investisseurs étrangers, ce qui a permis d’améliorer la gestion. Ensuite, le marché dispose également d’un mécanisme solide de formation des prix. Tant qu’il n’y a pas d’anticipations irrationnelles, c’est-à-dire que lorsque les prix atteignent un certain niveau, étant donné que nous bénéficions d’une situation d’excédent courant, ces capitaux finiront par revenir. »
La Banque centrale se veut rassurante et estime que les ventes récentes des investisseurs étrangers est en partie liée à l’approche de la fermeture du marché pendant 11 jours avant le Nouvel An lunaire, obligeant les investisseurs à adapter leurs stratégies momentanément, plutôt qu’un désengagement sur le long terme.