Plus d’un an après le retour au pouvoir du président Donald Trump, Chun Li (李淳), chercheur associé à l’OMC et au Centre des accords du commerce régional (RTA) de l’Institut de recherche économique Chung-Hua, a souligné récemment qu’au sein de l’administration Trump, au moins trois courants d’opinion existent — l’isolationnisme, le mercantilisme et le républicanisme traditionnel, chacun préconisant des voies et des méthodes contradictoires pour atteindre ses objectifs. Cependant, après cette période d’ajustement, la compétition stratégique entre les États-Unis et la Chine fait désormais l’objet d'un consensus. Chun Li estime qu’à l’avenir, il sera difficile pour les États-Unis et la Chine de se rapprocher, car une fois que les chaînes d'approvisionnement auront été délocalisées et que le découplage technologique sera effectif, les voies divergentes se consolideront : « Au moins dans le cadre de Trump 3.0, cela représente un élément prévisible dans l’imprévisible. Les États-Unis et la Chine continueront leur compétition stratégique dans tous les domaines, avec une compétition globale et à long terme. L’objectif des États-Unis est clair : c’est de remporter cette lutte. Il ne s’agit pas seulement d'une confrontation, car la confrontation elle-même est un processus. En fin de compte, les États-Unis doivent sortir vainqueurs. »
Chun Li observe que pour préserver sa sécurité économique, les États-Unis continueront à ajuster les déséquilibres commerciaux par le biais de droits de douane tout en employant simultanément des approches « de la carotte et du bâton » pour attirer les investissements industriels mondiaux. Ils approfondiront le développement des technologies traditionnelles et à usage militaire et civil, continuant à remodeler la structure des réseaux mondiaux d’approvisionnement énergétique. Parallèlement, les États-Unis préserveront l’ordre sécuritaire en Amérique, en collaborant avec Taïwan, le Japon, la Corée du Sud, l’Australie, les Philippines et leurs alliés dans la région indo-pacifique afin de dissuader la Chine de recourir à la force, tandis que la responsabilité du maintien de l’ordre sécuritaire en Europe sera progressivement transférée aux États membres de l’OTAN.