La Cour suprême des États-Unis a jugé hier invalides les droits de douane mondiaux imposés l’an dernier par le président Donald Trump. Celui-ci a toutefois signé un décret instaurant, au titre de l’article 122 du Trade Act de 1974, un droit de douane temporaire de 10 % sur les importations de tous les pays, en vigueur à partir du 24 février pour 150 jours.
La porte-parole du gouvernement taïwanais, Michelle Li (李慧芝), a indiqué que selon les études préliminaires, l’impact sur Taïwan serait limité, mais que le gouvernement suivrait de près l’évolution et maintiendrait une communication étroite avec Washington afin d’adapter sa réponse.
Concernant l’accord commercial de réciprocité et le protocole d’entente de coopération en matière d’investissement signés entre Taïwan et les États-Unis, elle a précisé que Washington n’a pas encore clarifié les modalités d’application des accords conclus avec d’autres pays, tout en annonçant l’élargissement de certaines mesures tarifaires (notamment au titre de la section 232).
Michelle Li a précisé que depuis l’instauration, en avril 2025, de droits de douane réciproques mondiaux par les États-Unis, Taïwan négocie avec Washington selon quatre principes : intérêt national, intérêts industriels, sécurité alimentaire et santé publique, afin de préserver sa compétitivité. Reste à savoir comment seront traités les produits concernés par la section 232 — produits en argent et aluminium et leurs dérivés, représentant 76 % des exportations taïwanaises vers les États-Unis en 2024. L’équipe de négociation a obtenu le traitement de la nation la plus favorisée pour ces droits, ce qui devrait réduire l’impact sur les secteurs concernés et limiter l’incertitude liée à d’éventuels tarifs sur les semi-conducteurs et leurs dérivés, tout en garantissant la pérennité de ces acquis.
Bien que l'administration américaine n'ait pas encore déterminé comment mettre en œuvre les accords commerciaux réciproques déjà signés avec divers pays, elle a indiqué que les mesures tarifaires telles que celles relevant de la section 232 continueraient à s'étendre. Par conséquent, le gouvernement taïwanais continuera à suivre de près les décisions prises par l'administration Trump et à évaluer avec prudence les actions ultérieures, y compris s'il convient de soumettre l'accord commercial réciproque à l'examen du Yuan législatif.