Quatre ans se sont écoulés depuis l’invasion de l’Ukraine par la Russie le 24 février 2022. Dans une interview accordée hier, Lin Tai-ho (林泰和), professeur à l’Institut des affaires stratégiques et internationales de l’Université Chung Cheng, a souligné l’importance de la préparation à la guerre.
Selon lui, les Taïwanais devraient réaliser qu’un pays « peut vivre un siècle sans guerre, mais pas un seul jour sans être préparé à la guerre ». De plus, bien que la Russie porte l’entière responsabilité de l’ouverture des hostilités, le fait que l’Ukraine n’ait pas pris au sérieux la menace russe devrait être une leçon à tirer pour Taïwan.
« La responsabilité première incombe sans aucun doute à la Russie pour avoir violé la Charte des Nations unies et envahi l'Ukraine, mais je pense que l'Ukraine elle-même a fait preuve de trop de négligence. Je crois que, dans ce contexte, Taïwan a de nombreux enseignements et réflexions à tirer de l'expérience ukrainienne », a déclaré Lin Tai-ho.
Alors que les combats se poursuivent, des négociations sont également en cours, rendant difficile toute prévision de l'évolution future du conflit. Cependant, la volonté de la Russie de négocier laisse supposer qu'elle est elle aussi à bout de forces, selon Lin Tai-ho. La prochaine étape consiste à observer la dynamique des compromis entre les deux parties sur la question territoriale du Donbass, car l'exigence russe d'un retrait total de l'Ukraine du Donbass paraît désormais déraisonnable.