Le différend entre les deux rives du Détroit de Taïwan, autour de l’île de Kinmen, continue de s’intensifier. Le 14 février dernier, un hors-bord chinois qui avait pénétré dans les eaux taïwanaises avait chaviré, poursuivi par les garde-côtes après avoir refusé une inspection, faisant deux victimes. Le 20 février, un navire de surveillance chinois est entré dans les eaux interdites de Kinmen, puis le 25 février, les garde-côtes de la province chinoise du Fujian ont envoyé une flotte de navires à proximité de Kinmen, afin d’"effectuer des patrouilles de mise en oeuvre de la loi", Pékin ayant rejeté le 17 février par la voix du Bureau chinois des affaires taïwanaises, l’existence d’un territoire maritime qui serait interdit ou restreint par Taïwan.
A cet égard, le Premier ministre taïwanais Chen Chien-jen (陳建仁) a déclaré ce matin que le gouvernement était très attentif à l’évolution de la situation maritime et qu’il s’efforçait de refouler les navires chinois :“Nous avons une bonne maîtrise de la dynamique de nos cibles en mer, et renforcerons les mesures d’interdiction pertinentes, conformément aux procédures opérationnelles standard, afin de mener à bien les refoulements nécessaires.”
Il a souligné que l'approche taïwanaise en matière de sauvegarde des droits des pêcheurs et de sécurité maritime est la même que celle de nombreux autres pays : le gouvernement doit assurer la sécurité du trafic maritime et sauvegarder les droits des pêcheurs, ce qui relève de sa responsabilité.
Le ministre de la Défense Chiu Kuo-cheng (邱國正) a quant à lui réitéré le fait que ces actions de refoulement étaient mises en oeuvre par les garde-côtes et que ces incidents étaient gérés de manière à apaiser les tensions. Il a déclaré : “Le principe des zones maritimes restreintes porte en principe sur quatre ou six km, mais la distance dépend des endroits. Est-ce à nous de définir où se situe leur limite ? Il faut voir. Tant qu’ils (les garde-côtes chinois) ne s’approchent pas de nos troupes terrestres, cela n’est pas considéré comme une menace et nos garde-côtes s’en occuperont. Je pense que les garde-côtes ont leur position et nous ne nous n’exprimerons pas à leur place. D’autre part, je tiens à rappeler qu’il s’agisse des soldats ou des habitants qui se trouvent sur les îles périphériques, nous partageons tous un destin commun, nous nous entraidons et nous espérons également gérer la situation sans heurts, afin qu’elle ne s’étende pas.”