La maire de Strasbourg, Jeanne Barseghian, a condamné ce qu'elle a qualifié d’intervention « extrêmement grave » après que le consulat chinois ait tenté de faire pression sur le théâtre Le Maillon de Strasbourg pour qu'il annule les représentations de la pièce « Ceci n’est pas une ambassade ». Mise en scène par Stefan Kaegi, cette pièce parle du statut de Taïwan, et est programmée dans ce théâtre strasbourgeois du 5 au 7 mars.
Le média Rue89 Strasbourg a rapporté mardi que Le Maillon avait reçu un appel téléphonique du consulat chinois début février, exprimant le mécontentement du consul quant à la représentation de la pièce. L'article précisait que la pièce décrivait Taïwan comme « un territoire dont la reconnaissance internationale est inversement proportionnelle à son poids économique ».
La maire a confirmé l'information publiée par Rue89 Strasbourg, affirmant avoir reçu une lettre du consulat chinois « demandant l'annulation de la pièce au motif qu'elle posait un problème dans l’établissement des relations diplomatiques entre la Chine et la France ». Elle a déclaré avoir répondu en rappelant la loi française, qui garantit la liberté artistique.
Jeanne Barseghian a exprimé son soutien à l'équipe du Maillon et précisé qu'elle avait contacté le bureau régional des affaires culturelles du ministère de la Culture, « car il s'agit d'une affaire extrêmement grave, avec des attaques répétées contre la liberté créative ». Le consulat chinois à Strasbourg n'a pas immédiatement répondu à la demande de commentaires de l'AFP.
Le bureau de représentation de Taipei en France a déclaré mercredi que la pièce utilisait le théâtre pour explorer le rôle unique de Taïwan sur la scène internationale ; l'histoire s'inscrit également dans un dialogue mondial sur la démocratie et l'identité. Le bureau a affirmé que toute forme de censure ou de répression ne ferait que sensibiliser davantage la communauté internationale à la résilience et les valeurs démocratiques de Taïwan.