Les États-Unis ont lancé mercredi des enquêtes commerciales visant les politiques industrielles de 16 partenaires, dont Taïwan, la Chine, le Japon, la Corée du Sud, l’Union européenne, ou encore l’Inde. Ces enquêtes sont ouvertes au titre de la section 301 du Trade Act de 1974, un mécanisme qui permet à Washington d’imposer des droits de douane de rétorsion en cas de pratiques commerciales jugées déloyales.
Le représentant américain au commerce, Jamieson Greer, affirme que ces pays pourraient contribuer à une surcapacité structurelle et à une surproduction dans certains secteurs manufacturiers, ce qui affaiblirait l’industrie américaine.
La porte-parole du Yuan exécutif, Michelle Li (李慧芝), a déclaré : « Il s’agit d’une voie juridique alternative choisie par les États-Unis pour reconstruire un dispositif institutionnel de droits de douane, après que la Cour suprême a statué sur les mesures tarifaires temporaires prises au titre de la section 122. Comme notre équipe de négociation est en contact étroit avec la partie américaine, notamment par visioconférence, les États-Unis nous avaient informés à l’avance de ces développements avant d’annoncer l’enquête au titre de la section 301. Notre gouvernement était donc au courant et s’y était préparé. »
Les États-Unis ont demandé des consultations avec les 16 gouvernements concernés. Une audience publique sur ces enquêtes doit débuter le 5 mai. La Vice-première ministre Cheng Li-chiun (鄭麗君) a rappelé que Taïwan et les Etats-Unis ont acté le 12 février à Washington un accord commercial réciproque (ART), qui pourra être utile lors de l’enquête. Selon elle, cette initiative américaine, qui intervient moins de trois semaines après que la Cour suprême américaine a annulé des droits de douane mondiaux imposés par Donald Trump, serait une tentative de rétablir une pression tarifaire sur les partenaires commerciaux.