La Chine a approuvé aujourd’hui une loi sur la promotion de l’unité et du progrès ethnique. Le vice-président de la Commission des affaires continentales (MAC) de Taïwan, Shen Yu-chung (沈有忠), a déclaré que bien qu’elle semble viser les minorités ethniques à l’intérieur du pays, la loi mentionne aussi la promotion de l’unité nationale, ce qui pourrait en faire une base juridique future pour la politique de Pékin envers Taïwan et pour d’éventuelles répressions transfrontalières contre les « indépendantistes taïwanais ».
Selon cette loi, les personnes qui « se livrent à des activités sapant l'unité ethnique » ou incitant au « séparatisme ethnique » pourront être poursuivies. Liang Wen-chieh (梁文傑), le porte-parole de la MAC, a souligné que cette loi utilise des termes extrêmement vagues et couvre un champ d’application exceptionnellement large qui inclut des individus et des organisations en dehors du territoire chinois. Autrement dit, cette loi pourrait sanctionner toute personne des communautés historiques, religieuses ou culturelles par exemple des États-Unis, du Japon ou de Taïwan.
Shen Yu-Chung a déclaré : « Nous devons partir du principe le plus prudent face aux intentions de l’adversaire. Beaucoup d’actions du Parti communiste chinois sont présentées comme visant la stabilité intérieure, mais elles peuvent en réalité se transformer en juridiction à long bras ou en répression transfrontalière, voire devenir un facteur de détérioration des relations entre les deux rives. Nous devons donc nous préparer à l’avance et avertir dès maintenant. »
Les défenseurs des droits humains alertent face à un effacement de la diversité ethnique et linguistique qui existe en Chine, étant donné que la loi exige la maîtrise du mandarin par tous les jeunes.