La Commission ministérielle des affaires océaniques a organisé hier à l’Université nationale de Quemoy, sur l’île de Kinmen, un Forum international sur la gestion des déchets marins dans la région Indo-Pacifique. Y ont notamment participé la présidente de la commission, Kuan Bi-ling (管碧玲), le chef adjoint du comté de Kinmen, Li Wen-liang (李文良), le ministre de l'Agriculture, de la Pêche et de l'Environnement des Palaos, Steven Victor, ainsi que des représentants du Japon, de Corée du Sud, des Philippines, d'Indonésie, du Vietnam et du Cambodge.
Dans son discours d'ouverture, Kuan Bi-ling a déclaré que les îles périphériques de Taïwan souffrent depuis longtemps des conséquences des déchets marins transfrontaliers, ce qui affecte la conservation écologique locale et les moyens de subsistance des pêcheurs.
Sur les 500 tonnes de déchets marins récupérés chaque année à Kinmen au large des côtes chinoises, plus de 70 % proviennent de Chine, notamment du secteur de l'aquaculture marine chinoise, a-t-elle souligné. En outre, à Kinmen, les coûts de retrait, d'élimination et de recyclage des déchets marins sont bien plus élevés que sur l’île principale de Taïwan. Ainsi, ces trois dernières années, la Commission des affaires océaniques a subventionné Kinmen à hauteur de 13,8 millions NTD (375 000 euros) pour le traitement des déchets marins.
Dans ce contexte, Kuan Bi-ling a souligné que la coopération régionale devenait urgente. Elle a dit espérer que toutes les parties prenantes mettront de côté les considérations politiques, afin de se concentrer sur la recherche de solutions au problème de la pollution océanique. Elle a aussi souligné le rôle important que pouvaient jouer les petites îles dans la gouvernance mondiale des océans, à travers les solutions qu’elles peuvent proposer.
Kuan Bi-ling a exprimé l'espoir que, grâce à l'Université nationale de Quemoy, désignée comme organisme pilote, une gestion transfrontalière des déchets marins entre Taïwan et la Chine puisse être mise en place. Même si des facteurs politiques ont empêché l'établissement d'une telle plateforme de coopération à ce stade, elle a assuré que Taïwan poursuivrait ses efforts en ce sens.
Kuan Bi-ling a également inspecté une zone de plusieurs dizaines d’hectares d’installations ostréicoles dont la construction n’avait pas été autorisée par le comté de Kinmen et qui sont actuellement inexploitées. Selon elle, si ces infrastructures ne sont pas démantelées dès que possible, elles pourraient engendrer une importante pollution microplastique, qui pourrait pénétrer dans le corps humain via la chaîne alimentaire.