Le ministère du Travail taïwanais a publié le 24 mars ses données 2025 sur les infractions au salaire minimum : sur 34 705 inspections, 7 658 violations de la loi fondamentale sur le travail ont été relevées, mais seulement 153 concernaient le salaire minimum. Bien que peu nombreuses, ces infractions sont concentrées dans certains secteurs, en particulier la sécurité assurée par des compagnies privées.
Le secteur le plus concerné est celui des services d’assistance (33,33 % des cas), suivi de l’industrie manufacturière (15,03 %), du commerce de gros et de détail (14,38 %) et de l’hôtellerie-restauration (7,19 %). Dans les services d'assistance, les sociétés privées de sécurité représentent la majorité des infractions.
Selon Tsao Chang-cheng (曹常成), responsable de la sécurité au travail au ministère, ces violations sont souvent liées à un régime spécial de temps de travail permettant des horaires plus longs. Certaines entreprises augmentent les heures sans ajuster proportionnellement le salaire minimum, ce qui rend la rémunération illégale. Il rappelle que toute augmentation du temps de travail doit s’accompagner d’une hausse proportionnelle du salaire minimum.
Tsao Chang-cheng ajoute que dans les autres secteurs, les infractions proviennent surtout d’une mauvaise structure salariale : « Certaines entreprises versent un salaire plus faible aux nouveaux employés ou en période d’essai, ou comptent des primes d’assiduité ou de performance dans le salaire de base. Si ces conditions pour obtenir ces primes ne sont pas remplies, le salaire réel peut tomber en dessous du minimum légal, ce qui constitue une infraction. »
Le ministère du Travail rappelle que les sanctions peuvent atteindre 1 à 1,5 million de dollars taïwanais (environ 28 500 à 42 800 €) en cas de circonstances graves, avec publication du nom de l’entreprise et de celui de son responsable. Des ajustements sont toutefois possibles selon la taille de l’entreprise ou l’intention.
Le ministère indique que, malgré leur faible nombre, ces infractions restent prioritaires car elles touchent au niveau de vie des travailleurs. À partir de cette année, les autorités locales devront inspecter à nouveau systématiquement les entreprises en question, pour éviter les récidives. Enfin, les noms des entreprises fautives sont rendus publics, et les travailleurs peuvent porter plainte ou appeler une ligne dédiée pour faire valoir leurs droits.