La Première ministre japonaise Sanae Takaichi a rencontré le 1er avril à Tokyo le président français Emmanuel Macron. Dans leur déclaration conjointe publiée à l’issue de l’entretien, les deux dirigeants ont souligné l’importance de la paix et de la stabilité dans le détroit de Taïwan et ont appelé à résoudre les questions entre les deux rives par un dialogue constructif et pacifique. Les échanges ont également porté sur la situation régionale dans l’Indo-Pacifique, notamment la Chine et la Corée du Nord, selon le média japonais Nikkei. Cette prise de position intervient dans un contexte de tensions accrues entre Tokyo et Pékin : en novembre dernier, Sanae Takaichi avait évoqué la possibilité qu’un conflit autour de Taïwan constitue une situation de crise menaçant la survie du Japon, ouvrant la voie à l’exercice du droit de légitime défense collective, ce qui avait suscité une vive réaction de Pékin.
La déclaration conjointe met également l’accent sur le renforcement de la sécurité économique, en particulier la résilience des chaînes d’approvisionnement en minerais critiques. Sans mentionner explicitement la Chine, les deux pays ont exprimé leur profonde préoccupation face au durcissement des contrôles à l’exportation de ces ressources. Ils prévoient d’élaborer une feuille de route incluant des projets communs pour sécuriser des ressources dont l’approvisionnement en terres rares et développer la coopération dans le domaine nucléaire, notamment sur les réacteurs de nouvelle génération.
En amont de ce sommet, les ministres des Affaires étrangères et de la Défense japonais et français ont tenu à Tokyo une réunion ; les deux parties entendent renforcer leur coopération en matière de sécurité. Le ministre japonais de la Défense Shinjiro Koizumi et la ministre française Catherine Vautrin ont signé une feuille de route en ce sens.
Il s’agissait de la première visite au Japon d'Emmanuel Macron depuis le sommet du G7 à Hiroshima en mai 2023.