L'Institut national de recherche sur l'énergie atomique (NARI) a lancé cette année un projet de recherche sur les petits réacteurs modulaires nucléaires (SMR selon l’acronyme anglais). A cet égard, le NARI a identifié à titre préliminaire trois technologies de SMR susceptibles de réduire les déchets nucléaires de haute activité de plus de 70 %. De plus, si le bon fonctionnement des SMR à eau légère commercialisés à l'international se confirmait et que leur production était autorisée à l'étranger, Taïwan pourrait commencer à produire de l’électricité grâce aux SMR dès 2035.
Pour mémoire, le 27 mars dernier, l’entreprise publique d’électricité Taipower a officiellement soumis son plan de redémarrage de la troisième centrale nucléaire au Conseil de sûreté nucléaire pour examen. Outre l'examen de l'opportunité de redémarrer la centrale, le Président Lai Ching-te (賴清德) a récemment déclaré que le gouvernement continuerait de suivre de près les nouvelles technologies nucléaires, notamment la fusion et les SMR, et resterait ouvert à toute possibilité de redémarrage si les conditions sont réunies.
La recherche sur les petits réacteurs modulaires à faible émission de carbone et à haute densité énergétique de 2026, lancée cette année par le NARI, est accompagnée d’un projet quadriennal (2027-2030) qui vise à étudier différentes configurations de SMR, y compris les aspects liés à la sûreté et aux déchets nucléaires, afin d'éclairer les politiques nationales et d'orienter l'adoption de ces réacteurs par l'industrie. Ce projet nécessite un financement d'un milliard NTD (27 millions d’euros), actuellement en cours d'examen par la Commission nationale des sciences.
Le président du NARI, Kao Tsu-mu (高梓木), a déclaré à l'Agence centrale de presse (CNA) que certains SMR à eau légère devraient être commercialisés d'ici 2030, voire plus tôt. Les compagnies américaines Westinghouse et General Electrics développent ces réacteurs, mais compte tenu de leur conception novatrice, une période de deux ans d'exploitation devrait tout d’abord permettre d'évaluer les éventuels problèmes de sûreté nucléaire. Cela signifie que d'ici 2032, Taïwan évaluera l'opportunité d'importer, de construire ou même de produire en série ces SMR localement.
Du fait de leur taille réduite, les SMR pourront être fabriquées sous licence à l'étranger, a-t-il précisé. La construction étant estimée à trois ans et demi, la première production d'électricité à partir d'un SMR pourrait intervenir en 2035 ou 2036.
En parallèle, l'Institut national de recherche sur l'énergie atomique (NARI) mène des recherches sur trois technologies : réacteur sous-critique piloté par accélérateur (ADS selon l’acronyme anglais), réacteur à neutrons rapides refroidi au sodium et réacteur à sels fondus de thorium, qui devraient permettre de réduire les déchets radioactifs de haute activité de plus de 70 % et d'en raccourcir la durée de stockage. Selon le NARI, le coût de construction d’un ADS s’élève à environ 2 milliards USD et sa mise en service commerciale est prévue dans dix ans.