A la veille de l’examen du projet d’amendement de la loi électorale au Parlement, prévu pour le 8 avril, plusieurs groupes de jeunes se sont réunis pour appeler les députés à soutenir les droits civiques à 18 ans. Par droits civiques, ces jeunes entendent notamment l’abaissement du droit de vote à l’âge de 18 ans au lieu des 20 ans requis actuellement.
Pour rappel, à Taïwan, la majorité électorale à 20 ans est définie dans la Constitution. En mars 2022, le Parlement avait adopté le projet d’amendement de la Constitution pour abaisser l’âge de vote à 18 ans. Ce projet a fait l’objet d’un référendum en novembre 2022, avec une majorité de voix favorables (53%) mais le résultat n’a pu être validé, car le nombre de votants n’a pas atteint les 50% des personnes inscrites sur les listes électorales comme le requiert un amendement de la Constitution.
Depuis, les branches administrative et législative ont continué à agir pour permettre aux jeunes de 18 ans de voter. Taïwan a ainsi amendé le Code civil pour abaisser l’âge de la majorité à 18 ans en 2023. Fin 2025, le Parlement a voté la loi fondamentale sur la jeunesse définissant comme jeunes, tous citoyens âgés de 18 à 35 ans. Cette loi prévoit que le gouvernement doit garantir aux jeunes de 18 ans le droit de vote, de révocation ou de référendum, et compléter les lois relatives à cet égard dans un délai de deux ans à compter de la date d’entrée en vigueur de cette loi.
Cela signifie que le Parlement doit amender les lois relatives au plus tard avant l’élection présidentielle de 2028. Quant à la constitutionnalité d’accorder l’âge de vote à 18 ans par la loi électorale, Tsai Ching-hung (蔡璟鴻), initiateur de la Youth Ideology Association, a précisé que le seuil actuel requis pour amender la Constitution est élevé, mais après plusieurs années de débats au sein de la communauté juridique, les experts du droit tendent à considérer qu'il existe une marge d’interprétation constitutionnelle et qu’une simple « modification législative » pourrait suffire. Il espère que les groupes parlementaires des trois partis représentés au Parlement, ainsi que le gouvernement, sauront écouter la voix des jeunes et du monde académique.