Ce 7 avril marque le 37e anniversaire de la mort de Nylon Deng (鄭南榕), militant pour la démocratie et la liberté d’expression qui s’est immolé. En 2016, le gouvernement taïwanais a baptisé ce jour la journée de la liberté d’expression.
Lors d’une cérémonie commémorative, le Président Lai Ching-te (賴清德) a dit espérer que les Taïwanais comprennent que la démocratisation du pays n’a pas été une concession du pouvoir dictatorial, mais le fruit du sacrifice et du dévouement des pionniers du mouvement pro-démocratie, tels que Nylon Deng et tant d’autres. Il a ainsi appelé les Taïwanais à chérir et protéger leur démocratie, et ne jamais céder aux menaces, car selon lui, « la démocratie est la seule voie de survie pour Taïwan ».
Cependant, le Président a également mentionné que, malgré les progrès démocratiques considérables accomplis par Taïwan, le pays demeure confronté à la menace de la Chine. Dans ce contexte, la paix est essentielle, mais il faut nourrir des idéaux de paix plutôt que des illusions, a-t-il précisé. Lai Ching-te a affirmé : « Ce n’est que par la force que l’on peut atteindre une véritable paix. De plus, la paix ne se résume pas à l'absence de guerre. Elle exige non seulement l'absence de conflit armé, mais aussi la garantie de la souveraineté et la préservation du système démocratique que le peuple a conquis et obtenu au fil des ans. Voilà ce qu’est la véritable paix. »
Le Président a réitéré le fait que Taïwan ne fait pas partie de la République populaire de Chine, que les Taïwanais ont le droit de bénéficier de la démocratie, de la liberté et des droits humains. Il ne s’agit pas d’une provocation envers la Chine.
A propos de Nylon Deng l’Academia Historica a dévoilé ce mardi 7 avril la publication d’un recueil de documents historiques se référant à son histoire. Ce recueil retrace le parcours de Nylon Deng, sa lutte contre les tabous de la loi martiale et l'organisation de mouvements de protestation majeurs jusqu'à son immolation. Il révèle également la manière dont les services de renseignement de l’époque utilisaient des informateurs pour surveiller et diviser les dissidents.