À l’approche des élections locales prévues en fin d’année à Taïwan, le Bureau de sécurité nationale (NSB) alerte sur une intensification des cyberattaques chinoises.
Lors d’une audition devant la commission parlementaire des Affaires étrangères et de la Défense le 8 avril, le Bureau a indiqué que les réseaux internet gouvernementaux taïwanais avaient subi plus de 170 millions de tentatives d’intrusion au premier trimestre 2026. Cela pourrait constituer une préparation en amont d’opérations d’ingérence électorale.
Le directeur du NSB, Tsai Ming-yen (蔡明彥), a précisé : « Entre janvier et mars de cette année, les équipes de renseignement ont identifié plus de 13 000 comptes anormaux et plus de 860 000 messages controversés. Cela montre que la Chine continue d’utiliser divers canaux comme les médias officiels, des armées de comptes en ligne, des comptes suspects et des fermes de contenus, pour amplifier la diffusion de contenus polémiques dans le but d’exacerber les divisions internes. »
Sur le plan militaire, le NSB fait état de plus de 420 incursions d’avions chinois dans la zone d’identification de défense aérienne taïwanaise au premier trimestre, accompagnées de 10 opérations avec des navires militaires. Des garde-côtes chinois ont également été déployés autour des îles périphériques taïwanaises, parfois en désactivant leur système d’identification automatique (AIS), pour tester les capacités de surveillance de Taïwan.
Enfin, en matière d’espionnage, l’agence souligne une intensification des tentatives d’infiltration ciblant les milieux militaires et administratifs. Depuis 2025, 58 personnes ont été inculpées pour espionnage au profit de la Chine, dont 32 militaires, actifs ou retraités, soit environ 55 % des cas. Tsai Ming-yen a souligné également que si dans le passé, le travail d’infiltration visait essentiellement des officiers de rang intermédiaire ayant accès à des informations confidentielles, il est généralisé plus récemment au soldat de base.