Dans le cadre d’un programme co-organisé par l’Institut national des Langues et Civilisations orientales (INALCO), à Paris, et l’Université nationale normale de Taïwan (NTNU), le professeur Liu Chan-yue (劉展岳), responsable de l’étude de l’histoire de Taïwan à l’INALCO, a proposé du 5 au 12 avril une série de cours sur l’histoire de Taïwan.
Partant d’un film documentaire taïwanais intitulé « Hand in Hand (牽阮的手) », l’historien a invité les étudiants à essayer de mettre au point plusieurs expressions politiquement délicates qu’on peut souvent rencontrer dans l’étude de l’histoire de Taïwan. Par exemple, quelle est l’expression la plus appropriée pour designer la gouvernance du Japon à Taïwan de 1885 à 1945 ? Faut-il dire « la gouvernance japonaise (日治時期) », « l’occupation japonaise (日據時期) » ou « la colonisation japonaise (日殖時期) » ? Et à propos de la prise de contrôle de Taïwan par le gouvernement Tchang Kaï-chek (蔣介石) à la fin de la Seconde Guerre mondiale, s’agit-il d’un recouvrement, d’une libération, d’une restauration ou d’une rétrocession ? A travers ces différentes expressions, on peut observer l’évolution de la société taïwanaise, notamment la démocratisation sur l’île.
A noter que « Hand in Hand (牽阮的手) » porte sur l’engagement du docteur Tien Chau-ming (田朝明) et de son épouse dans le mouvement pro-démocratie à Taïwan durant la période de la Terreur Blanche.
Lors d’une interview récente accordée à l’agence de presse taïwanaise CNA, Liu Chan-yue a précisé que les quelque 150 étudiants inscrits à ce programme scolaire devaient apprendre en un semestre entier l’histoire de Taïwan depuis l’apparition des Austronésiens, premiers habitants sur l’île, jusqu’à la résolution 2758 votée au sein de l’Organisation des Nations unies le 25 octobre 1971, en passant, entre autres, par la colonisation hollandaise, la gouvernance japonaise et l’arrivée du gouvernement Tchang Kaï-chek.