Si plus d’un millier de produits agricoles chinois sont interdits à l’importation à Taïwan, de nombreux produits chinois, notamment des choux chinois, des choux ou encore des champignons, sont vendus à Taïwan sous l’étiquetage de produits vietnamiens.
La députée du parti démocrate progressiste Chiu Yi-ying (邱議瑩) a interrogé ce matin le ministre de l’Agriculture Chen Junne-jih (陳駿季) lors d’une séance questions réponses au parlement sur des mesures éventuelles à entreprendre.
Le ministre a souligné que la lutte contre les fausses déclarations d’origine de produits agricoles chinois doit passer par la constitution d’une base de données après un prélèvement des produits directement au Vietnam. Or, jusqu’à présent, les autorités vietnamiennes peinent à coopérer avec Taïwan, de sorte que les représentants taïwanais ne peuvent aller aux endroits désignés par le gouvernement. Le ministère de l’Agriculture constitue ainsi la base de données à partir des variétés rapportées sur place par les entrepreneurs taïwanais installés au Vietnam. Selon le ministre, si les tests sont désormais de plus en plus précis, le problème de distinction des produits issus des zones de culture à la frontière chinoise persiste.
Le ministre a expliqué entendre agir avec des prises de vues aériennes : « Nous avons chargé l’institut de recherche agricole de déterminer approximativement la superficie de produits cultivés à partir de prises de vue aériennes au Vietnam. Si la quantité exportée à Taïwan dépasse celle produite sur place, un mécanisme de gestion est nécessaire. »
La députée Chiu Yi-ying a indiqué qu’en 2024, Taïwan a importé plus de 80 000 tonnes de choux et de choux chinois depuis le Vietnam, ce qui dépasse la quantité produite dans le pays. Ces produits d’origine chinois une fois à Taïwan se retrouvent dans les repas collectifs, voire dans les cantines scolaires. Elle a précisé que de nombreux importateurs achètent en Chine des légumes en vrac qu’ils acheminent ensuite au Vietnam. Là, les importateurs changent de conteneurs et obtiennent des documents nécessaires pour exporter légalement des produits vers Taïwan. Elle estime que les importateurs font des profits allant de 200 000 à 500 000 dollars taïwanais (de 5700 à 14 000 euros) par conteneur.