Le 30 avril, plus de 20 ONG se sont rassemblées devant le siège du ministère de l’Intérieur pour exprimer leur mécontentement après que le ministère a rejeté les demandes d’asile de ressortissants birmans à Taïwan, ce qui va selon eux à l’encontre du principe de non-refoulement des réfugiés et demandeurs d’asile. L’agence de l’immigration a réfuté toute accusation en précisant avoir respecté la procédure d’examen en trois étapes et des mesures de coordination pour chaque personne ayant déposé un dossier. L’agence précise que l’examen en trois étapes consiste à mener une enquête administrative suivie d’une consultation d’experts extérieurs à l’agence et, enfin, d’une discussion interministérielle. L’agence apporte ensuite toute assistance nécessaire aux personnes dont le dossier est approuvé.
Lors de leur protestation du 30 avril, les ONG ont indiqué qu’une dizaine de demandes d’asile de ressortissants birmans avaient été soumises à l’examen du ministère de l'Intérieur entre juin 2023 et mai 2024 mais que le ministère a retardé de deux ans la procédure d’examen, qui a finalement abouti cette année sans qu’aucune demande ne soit approuvée.
A ce sujet, l’agence de l’immigration a déclaré qu’après avoir rassemblé les avis des experts, il a été estimé que la plupart des demandeurs d’asile avaient procédé à un dépôt de demande uniquement après avoir été interpelés pour séjour irrégulier ou travail illégal. Ils n’avaient pas fourni non plus de preuves pertinentes démontrant qu’ils risquaient d’être persécutés une fois de retour dans leur pays d’origine. L’agence de l’immigration a précisé que certains demandeurs ont même effectué plusieurs allers-retours dans leur pays d’origine, ce qui ne répond pas aux critères internationaux pour déterminer la nécessité de protéger une personne par le droit d’asile.