Le Président Lai Ching-te (賴清德) est rentré à Taïwan ce 5 mai après sa visite en Eswatini, allié diplomatique en Afrique. Pour mémoire, il avait dû décaler son voyage en raison de l’opposition des Seychelles, de l’île Maurice et de Madagascar au survol de leurs territoires, des décisions que le gouvernement taïwanais impute à la pression de la Chine.
Le principal parti d'opposition, le KMT, a réagi au fait que Lai Ching-te avait utilisé pour ce voyage l’avion privé du roi d’Eswatini. La députée Wang Hung-wei (王鴻薇) a déclaré qu’il s’agissait certes d’une « exception », mais elle a exprimé l'espoir que les futurs voyages présidentiels ne suivent pas ce précédent, sous peine de mettre davantage en lumière la situation diplomatique délicate de Taïwan.
Elle a également exhorté la Chine à ne pas entraver les visites du chef de l'État taïwanais auprès de ses alliés diplomatiques, arguant qu'une telle coercition chinoise pourrait susciter davantage de sympathie de la communauté internationale envers la situation de Taïwan.
Une autre députée du KMT, Ma Wen-chun (馬文君), a rappelé au DPP actuellement au pouvoir l'importance de prendre au sérieux les relations entre les deux rives du détroit, faute de quoi, les difficultés futures de Taïwan ne feront que s'aggraver.
De son côté, Fan Yun (范雲), secrétaire générale du groupe parlementaire du DPP, a souligné que le Président Lai Ching-te, représentant les 23 millions de Taïwanais, avait surmonté le “blocus chinois”, faisant preuve d'une grande résilience diplomatique, ce qui constituait un exploit remarquable. Elle a rappelé que l'ancien Président Lee Teng-hui (李登輝) s'était également rendu en Eswatini à bord du jet privé du roi.
Fan Yun a en outre souligné que les Taïwanais devaient se réjouir de cette avancée diplomatique et a dit espérer que le KMT restera fidèle à la République de Chine plutôt que de se ranger du côté du Parti communiste chinois qui, par ses agissements, remet en question ceux qui ont réussi à réaliser des progrès diplomatiques malgré les difficultés.