Le Parlement a voté, le 8 mai dernier en troisième lecture, une loi spéciale de défense nationale établissant le plafond du budget spécial de la défense à 780 milliards de dollars taïwanais (21 milliards d’euros), soit un montant nettement inférieur à la somme totale de 1250 milliards sollicitée par le pouvoir exécutif.
En outre, le pouvoir législatif a demandé à l’exécutif de présenter au Parlement un rapport supplémentaire en détaillant un projet de budget dont les postes de dépense entrent dans la limite fixée par le Parlement.
Selon la proposition de loi adoptée vendredi dernier, le gouvernement doit, dans le mois qui suit, soumettre un rapport sur les lettre d'offre d'achat (letters of offer and acceptance (LOAs)) pour cinq types d'armements, y compris pour les lance-roquettes HIMARS et les obusiers automoteurs M109A7, et obtenir l'approbation du Parlement avant que les fonds puissent etre distribués.
Le président de la République La Ching-te (賴清德) a réagi le jour suivant, déclarant que la procédure réclamée par le Parlement s'écartait de la pratique établie et pourrait compromettre l'achat d'armements américain prévu fin mai : « Le Parlement requiert que le gouvernement présente un rapport supplémentaire avant d'établir le budget. Si le rapport est refusé par le Parlement, il ne sera pas question de procéder à l’établissement du budget. Finalement, le premier feu vert pourrait être illusoire en raison de ce double contrôle. Ce n’est pas un processus normal pour l’examen du budget. »
Le président a averti que ces démarches supplémentaires prendraient beaucoup de temps, au point d’empêcher le vote du budget au Parlement avant la date butoire du 31 mai fixée pour le paiement des notes des systèmes de lance-roquettes multiples HIRMAS.