Suite au refus du Premier ministre Cho Jung-tai (卓榮泰) de contresigner la loi sur la répartition des recettes publiques amendée par le Parlement en décembre dernier, les groupes parlementaires d’opposition, Kuomintang (KMT) et Parti du peuple taïwanais (TPP), avaient décidé de lancer une procédure de destitution visant le Président de la République Lai Ching-te (賴清德). Cela constitue une première dans l’histoire constitutionnelle de la République de Chine.
Ce matin, les députés ont voté sur la destitution. Avec 56 voix pour et 50 contre, la motion n’a pas pu être adoptée, faute d’avoir atteint au moins les deux tiers de voix nécessaires (soit 76 voix) pour que la motion soit soumise à un vote de la Cour constitutionnelle.
Avant le vote, chaque parti avait fait part de ses intentions de vote : sans surprise, le KMT et le TPP ont déclaré soutenir la destitution. Le groupe parlementaire du Parti démocrate progressiste (DPP), actuellement au pouvoir, a souligné de son côté que l'opposition instrumentalisait le système constitutionnel à des fins politiques et voterait contre.
Le KMT, le TPP et deux députés indépendants proches de ces partis totalisent 62 sièges sur les 113 que compte le Yuan législatif. Le fait que seuls 56 députés de ces partis aient soutenu la destitution s’explique par le fait qu’une délégation parlementaire taïwanaise se trouve actuellement à Genève pour participer à des activités organisées en marge de l'Assemblée mondiale de la Santé (AMS) et que les président, le vice-président du Yuan législatif, ainsi qu’une députée du KMT et un député indépendant n’ont pas pris de bulletin de vote.
Pour mémoire, conformément aux articles additionnels de la Constitution, la procédure de destitution du Président ou du Vice-Président de la République requiert une proposition de la moitié des parlementaires, un vote à la majorité des deux tiers. L'affaire est ensuite portée devant la Cour constitutionnelle, où un vote à la majorité des deux tiers des grands juges en fonction est requis pour confirmer la destitution. Cependant, cette première tentative de l’histoire de Taïwan a ainsi échoué.