À l'occasion du deuxième anniversaire de son investiture, le président Lai Ching-te (賴清德) a tenu le 20 mai une conférence de presse au palais présidentiel en compagnie de la vice-présidente Hsiao Bi-khim (蕭美琴). Son discours s'est articulé autour de trois axes : la défense du mode de vie démocratique, le maintien du statu quo dans le détroit de Taïwan et le développement économique.
Pour le premier axe, le président a rappelé que la démocratie taïwanaise, conquise au fil des générations, a traversé deux ans marqués par l'expansion autoritaire à l'échelle mondiale, la restructuration des chaînes d'approvisionnement industrielles et des blocages parlementaires inédits. Il a souligné que l'avenir de Taïwan ne saurait être décidé par des forces extérieures, guidé par la peur, ou manipulé pour des intérêts à court terme, mais devait relever des 23 millions de citoyennes et citoyens taïwanais.
Le deuxième axe est le maintien du statu quo dans le détroit de Taïwan. Lai Ching-te a indiqué que Taïwan était prêt à des échanges « sains et ordonnés » avec la Chine sur la base de l'égalité et de la dignité, tout en rejetant fermement toute manœuvre visant à présenter « l'unification déguisée en paix ». Sur la question du « consensus de 1992 », que le Kuomintang appelle à rétablir comme préalable aux échanges entre les deux rives, le président a été catégorique : « Ce que la Chine entend par « consensus de 1992 », c'est le principe d'une seule Chine, dont la solution pour Taïwan serait « un pays, deux systèmes ». Cela reviendrait non seulement à abandonner la souveraineté nationale, mais aussi à sacrifier le mode de vie démocratique et libre des Taïwanais, ce que le peuple taïwanais n'acceptera jamais. » Il a également réaffirmé la non-subordination mutuelle entre la République de Chine et la République populaire de Chine.
Le troisième axe est le développement économique, avec l'objectif de bâtir un Taïwan « plus résilient, plus compétitif et mieux à même de prendre soin de son peuple ».