Skip to the main content block
::: Accueil| Plan du site| Podcasts|
|
Language
Les plus consultés
繁體中文 简体中文 English Français Deutsch Indonesian 日本語 한국어 Русский Español ภาษาไทย Tiếng Việt Tagalog Bahasa Melayu Українська Plan du site

Fanny Guinot-Hsueh partage ses recherches sur le tatouage à Taïwan

08/06/2026 10:36
Par: La Rédaction
Fanny Guinot-Hsueh présente le fruit de ses recherches sur le tatouage à Taïwan à la librairie Le Pigeonnier à l'occasion de la parution de son livre (photo Jonathan Geoffroy)
Fanny Guinot-Hsueh présente le fruit de ses recherches sur le tatouage à Taïwan à la librairie Le Pigeonnier à l'occasion de la parution de son livre (photo Jonathan Geoffroy)

Véritable phénomène social d'esthétisme contemporain, le tatouage à Taiwan est devenu ces dernières années une pratique de plus en plus populaire appréciée par la jeunesse en quête d'expression personnelle. Professeure adjointe à l'Université Nationale Cheng Chi, Fanny Guinot-Hsueh publie ce 5 juin 2026 un ouvrage académique intitulé "Le tatouage à Taiwan : histoire, rites et symboliques" aux éditions Royal Orchid House (瑞蘭國際). Elle a également présenté cet ouvrage lors d'une conférence à la librairie Le Pigeonnier en français traduite simultanément en mandarin.

En présence d'une quarantaine de lecteurs francophones et taïwanais, cette conférence a pu réunir des personnes intéressées à la fois par l'histoire de l'art du tatouage à Taïwan, ainsi que par les influences, les tendances et les origines culturelles dans la société de Taiwan aujourd'hui. Mme Guinot-Hsueh a notamment présenté les quatre influences majeures qui dominent l'art du tatouage à Taïwan aujourd'hui : les tatouages des cultures aborigènes, les tatouages à inspirés par la culture chinoise, l'influence de la culture japonaise, et enfin les influences occidentales et modernes. 

L’autrice souligne que les cultures aborigènes représentent les arts du tatouage les plus anciens de l'île car les peuples austronésiens en sont les premiers habitants. Le tatouage fait partie des traditions et rituels des différents peuples austronésiens taiwanais, avec leurs propres caractéristiques autonomes et distinctes à chaque groupe ethnique. Seulement, ces traditions ont connu une véritable coupure imposée pendant la colonisation japonaise. Ces derniers considéraient les tatouages comme des pratiques allant à l'opposé de la modernité. 

Les traditions d'influences chinoises du tatouage sont plus répandues parmi la population majoritaire et Han à Taïwan. Elles sont notamment marquées par le monument de la littérature chinoise classique Au bord de l'eau (水滸傳), dans lequel de nombreux personnages évoluant dans un monde hors des sentiers battus, portaient des tatouages. L'influence japonaise s'explique par l'époque de colonisation japonaise de Taïwan. Elle est liée à la culture des Yakuza, de la pègre et est marquée par la tradition de tatouer les condamnés à l'entrée des prisons. Enfin, les influences occidentales, notamment américaines ont aujourd’hui également une certaine importance dans le tatouage sur l’île. De nombreux artistes tatoueurs urbains participent ainsi aux conventions internationales de tatouage organisées à Taïwan, comme celle qui a lieu à Taipei ce weekend (6-7 juin) à Yuanshan (2026無限MAX紋身音樂節).
 
La conférence a été suivie par une session très animée de questions réponses. Le public, très intéressé par cette thématique peu abordée jusqu’alors, s’est interrogé sur les pratiques modernes chez les Seediq, Saisiyat et Atayal qui utilisent les tatouages comme mémoire vivante de leurs cultures. Le chercheur ethnologue Paiwan Suliljaw Lusausatj (葉一飛) de l'Academia Sinica était également présent dans le public. Il a partagé ses points de vue sur ces traditions malheureusement aujourd'hui très menacées. Il a particulièrement félicité l'autrice Fanny Guinot-Hsueh pour ce livre de référence de l'histoire du tatouage à Taïwan, sous ses différentes formes et rites culturels ou modernes et exprimé attendre avec impatience qu'un éditeur taiwanais publie cet ouvrage en mandarin.

Fanny GUINOT HSUEH est professeure adjointe au département de langues et cultures européennes de l'Université Nationale Chengchi. Ses recherches s'inscrivent à la croisée des études culturelles et de l'anthropologie, avec un intérêt particulier pour les pratiques corporelles, les identités et les dynamiques symboliques en Asie contemporaine.
Elle travaille notamment sur le tatouage à Taiwan, envisagé comme un objet culturel révélateur des transformations sociales, des héritages historiques et des constructions identitaires. Ses travaux ont été présentés dans plusieurs conférences internationales et ont reçu des distinctions académiques, dont un Best Paper Award.

Article réalisé avec le concours de Philippe Tzou 

為提供您更好的網站服務,本網站使用cookies。

若您繼續瀏覽網頁即表示您同意我們的cookies政策,進一步了解隱私權政策。 

我了解