L’Hôpital de l’Université nationale de Taïwan (NTUH) a annoncé le 10 juin l’inauguration de son centre de formation pour le traitement du cancer par histotripsie. Cette nouvelle technique médicale d’ablation non invasive utilise les ultrasons pour détruire les tumeurs en les liquéfiant mécaniquement.
Le directeur général de l’hôpital Yu Chong-jen (余忠仁), qui a signé le jour même un protocole d’entente avec le partenaire américain HistoSonics de son établissement, a expliqué que les ultrasons focalisés de haute intensité visent la zone ciblée et créent des microbulles qui se dilatent et s'effondrent rapidement, fractionnant ainsi les tissus de la tumeur. Il a précisé que cette nouvelle technique se distingue des techniques traditionnelles telles que la chirurgie, la radiothérapie ou la chimiothérapie, notamment par l’absence d’incision, de chaleur ou de radiation, ce qui permet d’éviter entre autres les risques d'hémorragie, de brûlure causée par la propagation de la chaleur, mais aussi la destruction des tissus périphériques. Ainsi, les patients peuvent rentrer à la maison dès le lendemain de l’intervention.
L’Hôpital NTUH a déjà pratiqué l’histotripsie avec succès sur 80 patients, lui permettant de se consacrer désormais à la formation du personnel médical dans ce domaine spécifique. En réalité, plusieurs hôpitaux taïwanais et 4 pays étrangers ont déjà envoyé leurs spécialistes à Taïwan pour observer sur place la pratique de la technique avancée.
Le directeur général a indiqué, par ailleurs, que même si à l’heure actuelle les frais de l’histotripsie ne sont pas remboursés par l’assurance santé universelle, la thérapie coûte beaucoup moins cher à Taïwan que dans d’autres pays ou territoires, citant l'exemple de Hong Kong où il faut prévoir entre 35 000 et 38 000 €, soit un montant deux fois plus important qu’à Taïwan.