L'ONG de protection de l'environnement Greenpeace a alerté sur la surpêche dans les zones côtières de Taïwan via une étude qui souligne le taux alarmant des juvéniles dans les échantillons de pêche.
L'étude, rendue publique hier, montre que les juéniles n'ayant pas encore atteint le stade de la maturité (et donc pas encore en âge de se reproduire) représentent 93,3 % des poissons attrapés lors d'échantillons collectés en 2025 dans les zones côtières et dans les eaux au large de Taïwan, contre 77,7 % en 2023.
L'ONG a indiqué que plus de 80 % des poissons des 30 espèces collectées étaient des individus immatures. Ho Hsuan-ching (何宣慶), professeur associé à l'Université nationale des sciences et des technologies de Kaohsiung, a indiqué que les trois ans d'échantillonnages témoignaient d'une situation de surpêche grave.
Ho Hsuan-ching a expliqué que cette pression continue sur les stocks de poissons pouvait rendre les futures pêches moins abondantes, avec un possible effet de goulet d'étranglement de population, qui fait référence à un épisode de réduction sévère de la population, suivi d'une nouvelle expansion démographique, entraînant une réduction de la diversité génétique de l'espèce.
Le rapport met aussi en évidence la pratique de la pêche au chalut dans les eaux proches des côtes, en particulier à Yilan, Penghu et Pingtung, où il est pourtant interdit à ces bateaux d'opérer à moins de 5,6 km des terres. L'ONG souligne que les zones côtières sont des zones de frai et de développement, où les espèces se reproduisent et où naissent et grandissent les juvéniles et qui jouent donc un rôle fondamental dans le maintien et la survie des ressources halieutiques.
Greenpeace dénonce aussi l'impunité des bateaux de pêche et l'absence de sanctions au niveau local entre 2023 et 2025, indiquant que le Bureau des pêches n'avait imposé que 24 sanctions pour pêche au chalut en 2025.