Le Yuan législatif a adopté en troisième lecture ce vendredi 12 juin un amendement à la loi sur les élections et la révocation qui supprime la restriction d’inéligibilité pour les personnes condamnées avec sursis ou dont la peine est commuable en travaux d’intérêt général, ce qui signifie qu’il sera désormais possible à ces personnes de se porter candidat à une élection.
L’amendement initié et soutenu par l’alliance KMT-TPP de l’opposition, majoritaire au Parlement, a été présenté par le chef de file du groupe parlementaire du KMT, Fu Kun-chi (傅崐萁), comme un amendement répondant à la garantie constitutionnelle du principe de « liberté de participation politique » : « La liberté de Taïwan doit fleurir dans la démocratie et la diversité. Nous ne pouvons pas revenir en arrière et laisser un pouvoir arbitraire décider de qui peut ou non se présenter à une élection. Nous devons revenir au principe de proportionnalité. »
De son côté, le DPP au pouvoir a dénoncé un amendement motivé par des situations individuelles visant à sauver l’avenir politique d’élus du TPP et du KMT condamnés. Le député Tsai Chi-chang (蔡其昌), chef de file parlementaire du DPP s’oppose ainsi fermement à ce que des intérêts particuliers fragilisent et dénaturent les institutions : « Il est évident que le KMT comme le TPP, avec le dossier de Chou Tien-lun (周典論) pour l’un et celui de Kao Hung-an (Ann Kao 高虹安) pour l’autre, s’appuient sur leur majorité au Parlement pour s’arranger et adapter la loi à des cas spécifiques. Nous ne pouvons pas accepter cela et d’ailleurs, leurs principes ne sont pas clairs. »
Par ailleurs, l’amendement a ajouté une nouvelle disposition, cette fois-ci fruit d’un consensus entre les partis de l'hémicycle : toute personne condamnée définitivement dans un dossier de fraude sera désormais inéligible.