Le 24 février dernier, l’entreprise taïwanaise TSMC a inauguré à Kumamoto son usine JASM (Japan Advanced Semiconductor Manufacturing) en joint-venture avec le Japon. Le Premier ministre Fumio Kishida a annoncé à cette occasion que son gouvernement avait décidé de soutenir la construction d’une deuxième usine, et le ministre japonais de l’Economie, Ken Saito, a précisé que le gouvernement japonais la subventionnerait à hauteur de 732 milliards de yens (près de 4,5 milliards d’euros).
Lors d’une intervention devant le Yuan législatif aujourd’hui, la ministre taïwanaise de l’Economie, Wang Mei-hua (王美花), s’est réjouie à cet égard : « Le gouvernement aidera également vigoureusement TSMC dans la mise en œuvre de processus de fabrication avancés à Taïwan. Quant à la présence mondiale de TSMC en raison des besoins de ses clients, le fait que TSMC puisse obtenir des subventions du gouvernement local (japonais) nous rend optimistes quant à la réussite de ce projet. Après tout, la coopération industrielle entre Taïwan et le Japon n’en sera que renforcée. »
Par ailleurs, alors qu’il se trouvait au Japon pour l’inauguration du JASM, Mark Liu (劉德音), président de TMSC, a rencontré hier le Premier ministre Fumio Kishida. A l’issue de cet entretien, Mark Liu a indiqué avoir indiqué au Premier ministre que TSMC, en collaboration avec le gouvernement japonais, façonnera une chaîne d’approvisionnement avancée de semi-conducteurs dans le Kyushu.
Selon Arisa Liu (劉佩真), chercheuse du think-tank économique TIER (Taiwan Institute of Economic Research), la seconde usine en projet à Kumamoto permettrait de produire en masse d’ici fin 2027 et d’introduire des processus de 6 et 7 nanomètres. La coopération industrielle entre Taïwan et le Japon dans le domaine des semi-conducteurs devrait permettre, selon elle, une relation complémentaire et symbiotique entre les deux pays. Arisa Liu estime probable que les investissements au Japon s'accélèrent, y compris de la part d’autres entreprises, telles que la compagnie taïwanaise UMC (United Microelectronics Corporation).
Elle n’exclut pas qu’une troisième usine de TSMC puisse être construite au Japon dans le futur, ce qui devrait permettre d’introduire des procédés de 3 nanomètres, pour une production de masse en 2029, lorsque Taïwan entrera dans la phase d’essai de production de masse de 1,4 nm.