La Fondation éducative pour le développement national de Taoyuan a publié le 15 juin les résultats de neuf sondages effectués depuis 2015 concernant la perception des Taïwanais au sujet des relations interdétroit. Ces sondages dévoilent que sur les dix dernières années, 71,7% des Taïwanais soutiennent l’ouverture des négociations politiques interdétroit mais que plus de la moitié s’oppose à conduire ces négociations sous la condition préalable du «principe d’une seule Chine».
Au sujet des objectifs des négociations, le « maintien du statu quo » demeure le résultat le plus souhaité par les Taïwanais sondés, avec une moyenne de 44,3%. Cette catégorie est suivie de 27% de Taïwanais souhaitant faire reconnaître « Taïwan comme un État et établir des relations diplomatiques entre les deux pays » et de 15,9% qui souhaitent faire reconnaître « Taïwan comme un État et un respect de la paix par les deux rives du détroit sans qu’elles n’établissent de relations diplomatiques ». Seuls 7,3% des Taïwanais interrogés soutiennent une unification ou une intégration des deux rives (comme le modèle de l’UE ou celui du Royaume-Uni).
Hung Yao-nan (洪耀南), directeur du centre des études sur les relations interdétroit de l’université Tamkang, estime que ces données démontrent l’écart entre les deux rives au sujet des négociations interdétroit.
Les sondages ont également dévoilé que selon les Taïwanais, la personne la plus apte à les représenter dans les négociations politiques interdétroit est l’ancienne présidente Tsai Ing-wen (蔡英文) qui arrive en tête avec un taux de confiance de 25,7%. Sa popularité devance largement celle de l’ancien président Ma Ying-jeou (馬英九), qui affiche un taux de confiance de 9,5%, devançant l’actuel président Lai Ching-te (賴清德) qui recueille 7% de la confiance des sondés. Du côté des partis politiques ayant la confiance des Taïwanais pour mener des négociations avec Pékin, le Parti démocrate progressiste (DPP) au pouvoir arrive en tête (32%) suivi du Kuomintang (24,8%).
Notons que les résultats de ces sondages conduits depuis 2015 ont été dévoilés lors d’une table ronde sur le thème : « Les deux rives finiront-elles par s’affronter ou par dialoguer ? » Cette table ronde a été organisée pour répondre aux propos du chercheur chinois Zhu Weidong qui après 40 années d’études sur Taïwan a récemment déclaré que la Chine détient désormais fermement l’initiative stratégique sur la question de Taïwan, le contrôle des relations entre les deux rives du détroit, ainsi que le pouvoir de décision finale quant au mode de réunification (« la paix ou la guerre »). Selon lui, la Chine n’est plus très loin de son objectif de réunification.
La Fondation éducative pour le développement national a indiqué que le Centre de recherche sur la Chine continentale de la Faculté des sciences sociales de l’Université nationale de Taïwan a mené huit sondages d’opinion sur les « négociations politiques entre les deux rives » sur la période 2015-2023. A partir de cette année, la Fondation passe le relais et confie la tenue de ces sondages au centre de sondages R & W Index Marketing Co. Notons également que cette Fondation a été créée par Chen Ming-tong (陳明通), ancien directeur du Bureau de la sécurité nationale et ancien président de la commission ministérielle des affaires continentales, membre du parti démocrate progressiste.