Trois ans après avoir rompu ses relations diplomatiques avec Taïwan au profit de la Chine, le Honduras doit toujours à Taipei 422,5 millions de dollars américains.
Selon le média centraméricain CentroAmerica360, les bénéfices économiques attendus du rapprochement avec Pékin suscitent d’ailleurs des interrogations dans le pays. En effet, en 2023, les autorités honduriennes avaient justifié la rupture diplomatique avec Taïwan par la perspective de nouveaux investissements et la promesse d’un accès élargi au marché chinois, synonyme de davantage de financements. Mais aux yeux de certains hommes d’affaires honduriens et de plusieurs analystes, il n’en est rien : les retombées promises ne se sont toujours pas matérialisées à la hauteur des attentes. Plusieurs secteurs exportateurs, notamment l’industrie de la crevette blanche, ont même souffert du recul des échanges avec Taïwan. Il en va de même pour les PME locales.
Le fardeau persistant de la dette hondurienne envers Taïwan constitue également une contrainte pour les finances publiques du pays, alors que les autorités cherchent à stimuler la croissance économique et à attirer de nouveaux investissements étrangers. Côté taïwanais, le vice-ministre des Affaires étrangères François Wu Chih-chung (吳志中) a récemment confirmé que le gouvernement poursuivait les démarches pour récupérer cette créance. A cet égard, Taïwan maintient ouverts certains canaux diplomatiques afin de recouvrer les fonds accordés au cours de nombreuses années de coopération bilatérale, tout en suivant de près l’évolution des relations entre le Honduras et la Chine.