Les autorités de la capitale taïwanaise ont déclaré illégal le programme expérimental des taxis-scooters électriques de l'application Uber lancé dans l'arrondissement de Beitou, dans le nord de Taipei.
Le programme, décrit par l'entreprise Uber comme une expérience culturelle gratuite, avait immédiatement été critiqué par des responsables de la ville, qui affirmaient que ce dernier contrevenait à la législation taïwanaise sur les transports. Des responsables municipaux affirment avoir reçu des plaintes d'entreprises de taxis et de syndicats de travailleurs.
Le chef du comité des transports de la ville, Hsieh Ming-hong (謝銘鴻), a condamné le lancement de l'opération dans un article posté sur Facebook, affirmant que selon le ministère des Transports, Uber s'exposait à une amende pouvant aller jusqu'à 25 millions de dollars taïwanais (près de 690 000 euros), ajoutant que le service nécessitait un cadre d'assurance et de responsabilité complet et exposait les passagers et les chauffeurs à des risques inutiles.
Le Bureau des transports en commun de la capitale a indiqué que le service était illégal au regard de la loi actuelle, et que les chauffeurs offrant des services de transport commercial sur leur scooter risquaient une amende d'un montant maximal de 200 000 dollars taïwanais (environ 5500 euros) ainsi que la révocation de leur permis de scooter.
Notons que si les motos/scooters de transport de personnes sont nombreux en Asie du Sud-Est, la commercialisation de ce mode de transport n'est pas autorisée à Taïwan. Il faut préciser que dès l’époque de la colonisation japonaise (1895-1945) et en raison du relief escarpé et du développement du tourisme thermal, le quartier de Beitou a vu naître progressivement une culture particulière autour des transferts en moto et des services de livraison express qui qui n’est plus très répandue de nos jours mais est plus ou moins tolérée.