Le 16 juillet prochain, Franck Paris, l’actuel directeur du Bureau français de Taipei (BFT), en poste depuis août 2023, quittera Taïwan. A quelques jours de sa fin de mission, il a partagé le bilan de ses trois années de mandat devant la presse ce matin.
Franck Paris a indiqué que ces dernières années, la coopération franco-taïwanaise s'était intensifiée, notamment dans les domaines des sciences et des hautes technologies. Les atouts complémentaires de la France et de Taïwan en font des partenaires plutôt que des concurrents dans des domaines tels que l’IA et le quantique, a-t-il précisé.
Il est revenu sur plusieurs dialogues bilatéraux déjà bien structurés : « Le premier est dans le domaine de la science et de la recherche, où non seulement nous avons eu des rencontres entre les ministres en France. Mais nous avons surtout un cadre de coopération qui a été agréé entre la France et Taïwan dans le domaine de la science et de la technologie, avec des priorités communes qui ont ensuite été déclinées dans un dialogue scientifique et dans des rencontres régulières entre des communautés scientifiques. Donc, cela a apporté un cadre très concret avec des priorités et même maintenant des mécanismes de soutien financier aux projets. Et enfin, ces trois dernières années, nous avons restructuré le dialogue économique entre la France et Taïwan pour le rendre beaucoup plus opérationnel et là aussi pouvoir dégager des priorités concrètes qui ont fourni un cadre très favorable à des nouveaux investissements taïwanais vers la France, mais aussi français vers Taïwan.»
Il s’est félicité de l’installation en France d’une usine d’encapsulation avancée de semi-conducteurs par l’entreprise taïwanaise Foxconn (Hong Hai) en partenariat avec Thalès et Radiall, ou encore du fait que le concepteur français de puces SiPearl s’appuie sur TSMC pour la fabrication de son processeur pour supercalculateur et IA.
Franck Paris a dit espérer qu’à l’avenir, les entreprises taïwanaises choisiront la France pour l’implantation de centres de données IA en Europe, en raison de son approvisionnement énergétique durable et abordable. Il a également souligné que la France pouvait être un pont pour les entreprises taïwanaises du numérique visant le marché africain.
Dans le domaine culturel, Franck Paris s’est dit particulièrement fier du Festival français de Kaohsiung, organisé trois années consécutives, dont l’édition 2026 a réuni plus de 300 000 visiteurs. Par ailleurs, il a indiqué que cette grande ville du sud de Taïwan accueillerait aussi à la rentrée un nouvel établissement scolaire franco-taïwanais.
Malgré les défis géopolitiques, Franck Paris estime que Taïwan, la France et l’UE disposent d'un potentiel de coopération considérable pour le futur, notamment en matière de souveraineté numérique.
Sur un plan plus personnel, il a dit particulièrement apprécier, durant son séjour, l’expertise et l'hospitalité des Taïwanais, qui font toutefois preuve, selon lui, d’une modestie et d’une discrétion un peu excessives au regard de tout ce qu’a accompli Taïwan. Il a confié que “Taïwan est addictif” : la plupart des étrangers qui se rendent à Taïwan souhaitent y revenir.
C’est notamment le cas de son successeur : le diplomate de carrière Frédéric Laplanche, qui parle couramment le mandarin et a dirigé le Bureau économique et commercial de l’UE à Taïwan (EETO) de 2011 à 2015. RTI avait pu interviewer Frédéric Laplanche en 2021 sur la parution de son livre en mandarin « Regards français sur Taïwan », une interview que vous pouvez réécouter sur ces liens (première et deuxième parties).