A deux jours du nouvel examen par le Yuan législatif des projets de réforme de la loi sur la procréation médicalement assistée (PMA), des associations féministes ont tenu une conférence de presse ce 14 juillet, soulignant que cette réforme devrait avant tout viser à élargir le champ d'application des techniques de procréation médicalement assistée.
Or, certains projets d’amendements, portés par des partis d'opposition, incluent aussi la possibilité de gestation pour autrui (GPA), un point qui reste controversé. Ces ONG insistent pour que la réforme donne la priorité aux droits des femmes célibataires et des femmes mariées de même sexe à recourir à la procréation médicalement assistée, et préconisent ainsi que la gestation pour autrui soit dissociée du projet et examinée de manière séparée, afin de ne pas retarder le processus de réforme.
La version du texte proposée par le Yuan exécutif prévoit d’élargir le champ d'application de la PMA aux femmes célibataires âgées de 18 ans et plus, ainsi qu'aux femmes mariées à une personne du même sexe. Les cinq versions proposées par les groupes parlementaires d'opposition comprennent cependant toutes un chapitre dédié aux mères porteuses.
Chen Cheng-lung (陳政隆), directeur du département du plaidoyer de la Fondation Awakening, a souligné que la loi sur la procréation médicalement assistée ne s'applique actuellement qu'aux couples hétérosexuels mariés, privant ainsi de nombreuses femmes ayant congelé leurs ovocytes de la possibilité de les utiliser. La Fondation Awakening espère ainsi que cette réforme permettra une véritable autonomie reproductive de toutes les femmes, quelle que soit leur orientation sexuelle ou leur situation maritale. Par ailleurs, Chen Cheng-lung a pointé du doigt le fait que certains politiciens tentent d’instrumentaliser la question de la gestation pour autrui à des fins politiques entre le parti au pouvoir et l’opposition.
Selon Lin Lu-hung (林綠紅), présidente de Taiwan Women’s Link, les différentes versions du texte peuvent être divisées en deux grandes catégories : celles qui comportent un chapitre dédié aux mères porteuses et celles qui n'en ont pas. Les associations féministes espèrent dissocier la question des mères porteuses du débat actuel. Elle a déclaré : « Cette loi devrait en premier lieu permettre aux dispositions les moins controversées d’être adoptées en troisième lecture, offrant ainsi à de nombreuses femmes et couples des lesbiennes qui attendent avec impatience d’avoir des enfants à Taïwan la possibilité de le faire de manière plus sûre et plus raisonnable. C’est une revendication essentielle de notre conférence de presse d’aujourd’hui. »
Lors de la conférence de presse, une femme qui a congelé ses ovocytes a également partagé son expérience. Elle a rappelé que le gouvernement encourageait la congélation d'ovocytes sans pour autant garantir aux femmes un accès légal à la PMA à l'avenir, ce qui était problématique. Si la réforme continue d'être retardée, de nombreuses femmes ayant congelé leurs ovocytes dépasseront la période optimale pour avoir des enfants.
Les ONG ont ainsi insisté sur le fait qu’elles espéraient que les députés accéléreront la modification de la loi, en excluant le point controversé sur la GPA, afin de garantir aux femmes un accès égal à la reproduction assistée. Quant à la gestation pour autrui, ces ONG estiment qu’un débat social approfondi et une analyse juridique devraient être menés séparément.