Hsu Kai-chieh (許凱傑), juge à la division de sécurité nationale du tribunal de Taipei, a appelé le 14 juillet à Washington les autorités taïwanaises et américaines à créer un groupe de travail conjoint sur la répression transnationale, afin de partager des concrets et stratégies de réponse. Il a également recommandé que le gouvernement taïwanais renforce la réactivité et la coordination interministérielle de sa plateforme de signalement de ce type d'incidents, selon une interview accordée à CNA.
Cet appel intervient après l'adoption par la Chine, le 1er juillet, d'une loi sur la « promotion de l'unité et du progrès ethnique », qui suscite l'inquiétude de plusieurs pays.
Selon Hsu Kai-chieh, la plateforme de signalement devrait permettre un traitement immédiat par une unité dédiée, tout en intégrant un mécanisme de vérification pour éviter les abus. Il a insisté sur l'importance de la coordination interministérielle, notamment entre la police et les services de contrôle aux frontières, pour identifier ces actes et préserver les preuves. Une plateforme réactive renforcerait, selon lui, la capacité de dissuasion face au risque d’actes de répression menés lors de brefs séjours à Taïwan, comme par exemple l’agression le 6 juillet à Taichung du directeur d'un centre de réflexion sur la stratégie indopacifique, Akio Yaita, par un ressortissant chinois.
Le juge a par ailleurs estimé que l'article 6 de la loi taïwanaise anti-infiltration reste insuffisant face à cette nouvelle menace : lorsqu'un État ordonne à un individu de commettre des faits de violence, de dégradation ou de harcèlement ordinaires, cette loi spéciale ne pourrait pas nécessairement s'appliquer, obligeant à recourir au droit pénal commun. Pour lui, les outils juridiques doivent évoluer face à ces nouvelles formes de criminalité.
La Commission ministérielle des affaires continentales a indiqué le 9 juillet travailler, en lien avec le ministère de la Justice, sur une réforme législative visant à alourdir les sanctions pénales pour ce type d'infractions.