Environ 300 personnes étaient rassemblées hier soir sur la place de la Liberté, à Taipei, pour commémorer la mort du militant tibétain Lobga Rangzen, qui s'est immolé par le feu devant le siège des Nations unies à New York le 2 juillet dernier. Les participants ont chanté l'hymne national tibétain et écouté des prières bouddhistes récitées par des moines, ont observé une minute de silence et offert des khatas (écharpes cérémonielles tibétaines).
La manifestation visait aussi à dénoncer la nouvelle loi chinoise de promotion de l'unité et du progrès ethniques. Un texte controversé entré en vigueur le 1er juillet qui a fait l'objet de nombreuses critiques de la part de gouvernements étrangers et d'ONG de protection des droits humains qui estiment que cette loi menace les langues, les cultures, les identités et les religions des groupes ethniques minoritaires en Chine.
Les organisateurs du rassemblement, qui comprennent la Fondation religieuse tibétaine du dalaï-lama, a estimé à environ 300 le nombre de participants au rassemblement qui a débuté vers 19h30, avec notamment des Tibétains vivant à Taïwan, des militants des droits humains et des Taïwanais soutenant la cause tibétaine.
Le président de la Fondation, Kelsang Gyaltsen Bawa, a déclaré qu'en s'immolant par le feu, Lobga Rangzen avait « illuminé la pénombre de laquelle le Tibet est prisonnier depuis plus de 70 ans ».
Kelsang Gyaltsen Bawa, qui dirige aussi le bureau de représentation à Taïwan du gouvernement tibétain en exil, a qualifié la nouvelle loi chinoise « d'outil totalitaire présenté sous la forme de loi » qui vise à imposer le contrôle de la pensée et à effacer les cultures des minorités ethniques non-chinoises.