L’Administration taïwanaise des aliments et médicaments (TFDA) a tenu une conférence de presse hier, 27 juillet, en présence du ministre de la Santé Chih Chung-liang (石崇良)pour annoncer les résultats de son enquête sur l'huile de cuisson contenant des niveaux excessifs de Benzopyrène (une substance cancérogène) de l’entreprise Central Union Oil Corp. (CUOC, 中聯油脂股份有限公司). En raison d'un signalement tardif, l'huile en question avait circulé dans tout Taïwan via des entreprises en aval, ébranlant la confiance du public dans la sécurité alimentaire et déclenchant une vive polémique.
Après des inspections, l'examen des données et une analyse approfondie menée par une équipe d'enquêteurs externes de l’Institut de recherche et de développement de l’industrie alimentaire, il a été déterminé que le problème était dû à une combinaison de plusieurs facteurs. Trois principales défaillances ont été mises en lumière, liées à la gestion des matières premières à haut risque, au contrôle des procédés de fabrication, ainsi qu'à l'inspection et au suivi.
Selon le rapport d'enquête, l'huile de cuisson fabriquée à partir de soja brésilien importé était plus susceptible de contenir du benzopyrène que l'huile fabriquée à partir de soja américain importé. La qualité des matières premières varie également selon les dates d'expédition. Cependant, les entreprises n'ont pas renforcé la gestion et le contrôle des matières premières à haut risque, ce qui a accru le risque de dépassement des normes par le benzopyrène.
Deuxièmement, bien qu'aucune preuve directe de formation de benzopyrène provenant des équipements de production n'ait été trouvée lors du processus de fabrication, les entreprises n’ont pas établi de stratégie d'ajustement des procédés de fabrication en fonction des risques.
Troisièmement, les fabricants n'ont pas pleinement identifié, évalué et géré les dangers chimiques liés au benzopyrène dans le cadre de leurs systèmes de gestion de la sécurité des aliments. Ils ont également assoupli les normes de contrôle de la qualité pour les matières premières à haut risque et n'ont pas augmenté la fréquence des inspections des matières premières et des produits, ce qui a accru le risque de dépassement des limites de benzopyrène.
Les enquêteurs ont ainsi recommandé aux fabricants de renforcer la gestion des risques liés aux matières premières, la surveillance des procédés, ainsi que les inspections et le contrôle.
Cependant, selon le ministre sans portefeuille et ancien ministre de la Santé Chen Shih-chong (陳時中), cette enquête a montré qu’il n’y a pas eu de négligence administrative et que le processus décisionnel du gouvernement avait été transparent. Face aux appels des partis d’opposition à la démission du directeur de la TFDA, du ministre de la Santé et du Premier ministre, Chen Shih-chung a appelé à ne pas instrumentaliser le scandale des huiles à des fins politiques. Il a en outre rappelé que le gouvernement avait d’ores et déjà transmis au Yuan législatif un projet d’amendement à la loi sur la sécurité sanitaire des aliments.