Plusieurs organisations de la société civile ont tenu ce 7 août une conférence de presse au Parlement exhortant le gouvernement et les six supermunicipalités à exécuter leurs politiques et engagements électoraux en matière de logements sociaux.
Le Social Housing Advocacy Consortium, l’organisation de réforme urbaine OURs ou encore le Taiwan Labour Front ont indiqué qu’en juillet le gouvernement avait déjà revu à la baisse son objectif de construction de 130 000 logements sur la période 2025-2032 à 30 000 logements seulement. Il est en plus clairement défini que les logements gérés en sous-location peuvent devenir un complément des logements sociaux.
Selon la société civile, en tenant compte de l’inflation, sur une période de 50 ans, les coûts de la politique d’aide au loyer et la subvention pour la location-gestion représentent respectivement 2,79 millions et 6,52 millions de dollars taïwanais (environ 74 000 et 175 000 euros), tandis que le coût moyen de construction d’un logement s’élève à environ 2,98 millions de dollars taïwanais (80 000 euros). Par ailleurs, les investissements en construction des logements sociaux se transforment en un actif public permanent. Pour ces associations, il est donc évident que le logement social n’est pas l’outil le plus coûteux.
Yang Shu-wei (楊書瑋), secrétaire général du Taiwan Labour Front, a regreté l’évolution de la politique des logements sociaux ces dernières années :
« Une dizaine d’années d’efforts a été nécessaire pour aboutir à l’adoption de la loi sur les logements en 2011, qui donnait enfin naissance aux logements sociaux. Mais, le dernier plan nous laisse croire que les logements sociaux sont sur le point de disparaître avant même d’avoir eu le temps de se développer, ce qui est extrêmement regrettable et attristant. En plus de condamner le gouvernement central, je tiens également à rappeler ici aux six supermunicipalités qu’avec l'augmentation de leurs recettes à la suite de l’amendement de la loi sur la répartition des recettes entre le gouvernement et les collectivités locales, il leur revient de s’engager à poursuivre la construction de logements sociaux. »
La société civile appelle le gouvernement à organiser une réunion nationale de concertation sur la politique des logements sociaux avec la participation du secteur public du niveau central et local, des chercheurs et de la société civile.