Le Parlement dominé par l’opposition a voté ce 14 août quatre propositions de référendum initiées par l’opposition, le Kuomintang et le TPP.
Sur les 110 députés présents, l'alliance de ces deux partis a permis de voté à 59 voix pour contre 51 voix la proposition de « l’utilisation spécifique des amendes de circulation » et celui de la « réutilisation du nucléaire ».
Quant à la proposition sur les « Châtiments corporels », les députés du TPP ont préféré s’abstenir. Sur les 103 députés qui ont pris part au vote, le KMT a réussi à faire passer son projet avec les voix de ses 52 députés contre 51 voix des députés du DPP au pouvoir.
La proposition initiée par le TPP sur la légalisation de l’euthanasie n’a pas été adoptée, le groupe parlementaire KMT s’étant abstenu. Ce projet a été rejeté avec 51 voix non favorables contre 7 voix pour.
Conformément à la loi sur les référendums, une fois qu’une proposition de référendum est adoptée par le Parlement, elle doit être transmise à la Commission centrale des élections dans un délai de 10 jours. La commission doit la publier 90 jours avant le jour du scrutin. Étant donné que les députés de l’opposition souhaitent organiser ces référendums en même temps que les élections locales du 28 novembre, le Parlement doit transmettre ces projets de référendum au plus tard le 28 août. La commission centrale des élections a déclaré ce 14 août qu’elle examinera ces propositions votées dans les plus brefs délais. Si ces trois référendums sont à organiser en même temps que les élections de fin d’année, les dépenses électorales relatives devraient augmenter de 1,4 milliard de dollars taïwanais (37 millions d’euros).
Rappel :
Amendes de circulation : ce projet de référendum vise à « affecter l'intégralité des recettes des amendes de circulation à l'amélioration de la sécurité routière et au financement des transports en commun, plutôt qu'à la multiplication des équipements de contrôle automatisé. »
Nucléaire : le KMT souhaite « abandonner la politique énergétique visant "un pays sans nucléaire" , afin de garantir la santé des citoyens, d'assurer un approvisionnement stable en électricité, de maintenir des prix abordables, de renforcer la résilience de la défense nationale et de soutenir le développement du secteur de l'intelligence artificielle ». Il s'agirait du quatrième référendum sur le nucléaire depuis 2018. Des associations rappellent que l'approvisionnement est resté stable depuis l'arrêt du nucléaire l’an dernier. Le gouvernement du DPP a par ailleurs laissé la porte ouverte à une reprise de la production d’énergie nucléaire, après des évaluations de sûreté, un consensus social et une solution pour le traitement des déchets radioactifs.
Châtiments corporels : le KMT souhaite « instaurer un dispositif pénal spécial de châtiments corporels (fouet), prononcé par les tribunaux et exécuté conformément à la loi, applicable aux crimes d'agression sexuelle, de maltraitance grave sur mineur, ainsi qu'aux escroqueries de grande ampleur et à leurs formes aggravées, afin de dissuader la répétition de ces infractions ». Ce texte reste très controversé : l'ex-président du TPP Ko Wen-je (柯文哲) a publiquement exprimé ses doutes, s'interrogeant sur sa compatibilité avec le statut de pays civilisé. Les opposants soulignent un risque pour l'image internationale de Taïwan en matière de droits humains.
Euthanasie : le TPP propose de « légaliser l'euthanasie, dans le respect du principe d'autonomie sur sa propre vie, afin de permettre aux personnes atteintes d'une maladie incurable et en proie à des souffrances insupportables de recourir, selon leur libre volonté et dans un cadre réglementé, à l'euthanasie, pour leur assurer une fin de vie digne. » Le président du parti, Huang Kuo-chang (黃國昌), justifie ce recours au référendum par l'absence de progrès législatif sur le sujet ces dernières années ; le Yuan Législatif n'a jusqu'ici pas légiféré à ce sujet.