La secrétaire générale du Yuan judiciaire, Kao Chin-chih (高金枝), a averti ce mercredi 19 août que le système judiciaire taïwanais se trouve au bord de l'effondrement : le nombre de nouvelles affaires pénales en première instance devant les tribunaux a augmenté de 36,2 % en cinq ans, tandis que les effectifs de juges et de greffiers n'ont progressé respectivement que de 3 % et 11 %, une hausse jugée insuffisante pour absorber cette charge de travail.
La commission de la Justice et des Affaires légales du Yuan législatif examinait ce jour plusieurs propositions de révision du Code de procédure pénale. La députée du Kuomintang Weng Hsiao-ling (翁曉玲), à l'origine de l'une d'elles, a expliqué vouloir alléger la charge des tribunaux en élargissant le recours aux procédures simplifiées et de concertation, en assouplissant la rédaction des procès-verbaux d'audience, et en simplifiant l'examen des preuves déjà connues et acceptées par les parties, sans, selon elle, sacrifier les garanties procédurales, mais en réservant les ressources judiciaires aux affaires réellement complexes.
Kao Chin-chih a détaillé l'ampleur de la charge : le nombre de nouvelles affaires pénales en première instance est passé de 407 425 en 2021 à 555 058 en 2025, soit une hausse de 36,2 %, portée notamment par la multiplication d'affaires répétitives liées à des réseaux de fraude organisée et de blanchiment d'argent. Le nombre moyen de nouvelles affaires par juge et par mois a grimpé de 31 %, à 68,1 dossiers. Le nombre de personnes condamnées pour blanchiment d'argent est passé de 646 en 2020 à 18 943 en 2024, tandis que les poursuites pour fraude aggravée ont augmenté de 152,4 %.
Face à cela, les effectifs n'ont que faiblement progressé : le nombre de juges est passé de 2 125 en décembre 2021 à 2 182 en juin dernier (+2,7 %), et celui des greffiers de 3 173 à 3 525 sur la même période (+11,1 %). Kao Chin-chih a conclu que le système judiciaire a besoin de renforts, tout en insistant sur la nécessité d'une gestion plus efficace des ressources humaines existantes.