L'interdiction imposée l'an dernier par Taïwan à l'application chinoise RedNote, ou Xiaohongshu (小紅書), sous forme de blocage de résolution DNS et de restriction d'accès, arrive à échéance dans un peu plus de trois mois. La ministre de l'Intérieur, Liu Shyh-fang (劉世芳), a indiqué ce mercredi 19 août lors d'une interview que si la plateforme continue de refuser d’entrer en communication avec Taïwan, une prolongation d'un an supplémentaire n'est pas exclue.
Le vice-ministre de l'Intérieur Ma Shih-yuan (馬士元), qui dirige le centre de lutte contre la fraude, avait annoncé le blocage le 4 décembre dernier, invoquant des problèmes de sécurité des données, de fraude, et l'absence de canal de communication avec le gouvernement taïwanais.
Interrogée sur la radio POP Radio, Liu Shyh-fang a précisé que le ministère de l'Intérieur avait de nouveau envoyé, via la Fondation des échanges des deux rives (SEF), l’organisme semi-officiel en charge des échanges interdétroit, un courrier en recommandé à la maison mère de RedNote à Shanghai, exigeant l'établissement d'un canal de communication officiel. Elle a déclaré : « C'est très probable que le blocage soit prolongé d'un an. Nous suivons la procédure habituelle ; s'ils nous répondent par écrit et acceptent de fournir des explications, nous les accueillerons volontiers à Taïwan pour en discuter, à tout moment. »
Selon la ministre, le nombre de cas de fraude liés à RedNote a chuté de 80 % depuis l'entrée en vigueur de l'interdiction, et les pertes financières associées ont reculé de 55 %, signe de son efficacité. Plus largement, le nombre total de cas de fraude à l'échelle nationale a diminué de 20 % entre août 2024 et août 2026, et les pertes financières de 46 %, avec un recul marqué des fraudes de grande ampleur. Liu Shyh-fang a toutefois reconnu que des efforts supplémentaires restent nécessaires tant que ces chiffres n'ont pas atteint leur plus bas niveau.